‹ L'habitude et l'instinct [electronic resource]Chapitre 20 sur 62 · Mémoires de Fontaine · texte numérisé non relu

Mémoires de Fontaine

toire Saint-Honoré, est importuné par les caresses d'une chienne, qui se trouvait pleine à ce moment; il la chasse dun coup de pied, et répond à Fontenelle indigné ■ « Cela ne sent point < ». Cela ne sent point, telle est en effet leur excuse, et telle est aussi la pensée de Descartes test encore ainsi que l'entend Condillac; car voici en quels termes il résume sa propre opinion en opposition avec celle de Descart.s : « Il y a autre chose dans les betes que du mouvement. Ce- ne sont pas de puis automates ; elles sentent 2 », c'est-à-dire elles sentent de la même façon que les hommes 3 ; elles jouissent et souffrent. Et la réfutation qu'il donne de l'automatisme cartésien, soit directement, soit en l'atteignant au travers de la théorie de Buffon, est pleine de sens, de force et de vérité. Ce n'est que quand il en vient à proposer son propre système que la pensée de Condillac prête à son tour le flanc à la critique.

C'est Buffon qui a prétendu que les bêtes ne sont.que des machines, et que pourtant elles sentent et ont même la conscience de leur existence actuelle, mais qu'elles n'ont pas d'idées 4. Libre à M. Flourens d'appeler la doctrine de Buffon un automatisme mixte, mais non pas de qualifier ainsi celle de Descartes, qui est bien le pur automatisme. Il n'est pas possible non plus de dire avec le même savant que la doctrine de Buffon est un grand pas fait sur Descartes car l'automatisme cartésien a du muins l'avantage d'être clair et conséquent avec luimême; celui de Buffon n'est que confusion et inconséquence. Condillac n'a pas de peine à démontrer que le prétendu sentiment que Buffon accorde aux bêtes n'est que le mouvement des organes, que la doctrine de Buffon ne diffère en rien de celle de Descartes, si ce n'est que l'expression en est obscure et équivoque ; que, si le Stnti-

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