Traduction Jouiïroy, tome VI, p
ment à accomplir, sans que le plus savant anatomiste soit plus habile à les exécuter que le plus ignorant. C'est simplement parce que nous voyons l'enfant boire le lait de sa mère immédiatement après sa naissance, parce que nous voyons que le temps et les mojens lui ont manqué pour apprendre à le faire, -et parce que nous comprenons qu'il est nécessaiie qu'il le fasse instinctivement ou qu'il meure. Telles sont les seules, mais les solides laisons pour lesquelles nous ne pouvons douter que la première action de téter soit purement instinctive.
Th. Reid dit très-bien cette fois : « Les plus remarquables instincts de l'homme sont ceux qui se manifestent dans l'enfance , quand nous ignorons encore tout ce qui est nécessaire à notre conservation , quand par conséquent nous péririons, si nous n'avions pas un guide invisible qui nous conduisît, aveugles que nous sommes, dans la voie que nous prendrions si no.us avions des yeux pour la voir k. » Si donc nous avons des yeux pour voir la route, le guide invisible est inutile. Or le temps et l'expérience les donnent à l'enfant et l'éclairent pour toutes les actions qui n'ont pas besoin, sous peine de mort, d'être accomplies immédiatement dès ia naissance, L'instinct n'a de raison d'être que la double insuffisance des fonctions purement organiques et de l'intelligence à faire .vivre l'animal, puisque les fonctions de nutrition ont besoin d'être aidées par quelques-unes de celles qui composent la vie de relation, et que l'intelligence a besoin de temps pour apprendre et pour agir.
La nécessité de vivre et le temps ou la possibilité de l'expérience, voilà donc les deux points essentiels dans la détermination des instincts. Or la première enfance de l'homme est démesurément longue en proportion de tant de vivants éphémères ou qui naissent en quelque sorte adultes, et toujours plus longue que celle des animaux supérieurs; il trouve dans ses parents ou dans ses semblables les secours nécessaires ;. ses organes de relation,