XIV NOTICE HISTORIQUE
Vent. M. de Poincy accourut au premier signal : il triompha de tous les obstacles, chassa les flibustiers anglais et s'empara de rîle au nom du roi de France.
En i665, Paul d'Ogeron fut nommé gouverneur de Saint Domingue, et sa sage administration fit bientôt fleurir cette colonie naissante.
Après la mort de Paul d'Ogeron, Tîle de Saint-Domingue fut engagée à des compagnies intéressées, et livrée, par-là même, à la rapacité des traitants.
Ce fut alors que le détestable trafic de Tespèce humaine traîna, par milliers à la fois, sur le sol dévorant d'Haïti, les tristes en&nts de l'Afrique.
De jour en jour plus avares, les traitants pressuraient les Colons, et, plus avides à leur tour,' les Colons commandaient de nouveaux efforts à leurs senblables devenus leurs esclaves.
Ainsi, la traite des Noirs, dont le nom seul doit révolter toutes les âmes sensibles, devint générale pour accroître la population des Antilles; et, à Tépoque de 1789, Tîle de Saint-Domingue, pour la Partie française seulement, comptait plus de cinq cent cinquante mille esclaves noirs.
Nous disons pour la Partie française seulement, parce que l'Espagne n'avait pas cessé de posséder la partie de l'Est d'Haïti, et que, pour sa part, cette partie contenait au-delà de cent mille esclaves.
Ainsi, en 1789, à la veille d'une révolution qui devait être le renversement du système colonial, l'îlede Saint-Domingue était divisée en quatre parties : la partie du Nord, dont la capitale était le Cap; la partie du Sud, dont la capitale était Jérémie; la partie de l'Ouest, dont la capitale était le Port au-Prince; et enfin la partie de l'Est, dont la capitale était Santo-Domingo.
Les trois premières parties étaient régies au nom de la