NOTICE HISTORIQUE. XV
France par un seul gouverneur-général; la quatrième était régie par un capitaine-général au nom du roi d'Espagne et des Indes. A l'époque dont nous parlons, l'état d'oppression des Noirs de la partie française de Saint-Domingue était arrivé à son dernier terme. Le cri de liberté retentit à la fois dans tous les cœurs; les fers avilissants de l'esclavage furent brisés, et tout annonça des jours plus heureux pour la race africaine.
Le 27 décembre 17SS, la Cour de France ordonna la convocation des états généraux. Cet événement fit une grande sensation dans les Colonies, et, un mois après que les états généraux réunis à Versailles se furent déclarés Assemblée nationale, 18 députés choisis par le peuple des Colonies prétendirent y siéger en qualité de représentants. Ce nombre ayant paru excessif, six d'entre eux seulement y furent admis.
Au mois de janvier 1790, une Assemblée générale fut convoquée à Léogane, ville située dans la partie de l'Ouest d'Haïti ; mais les esprits étaient trop exaltés pour atteindre à aucune amélioration. Les amours-propres s'irritèrent, les Blancs cherchèrent à dominer d'une manière absolue, les sang-mêlés demandèrent le partage de l'autorité, et les Noirs, las du joug de leurs tyrans, formèrent des vœux pour s'afiranchir d'une longue servitude.
La France craignit que l'île de Saint-Domingue ne se déclarât indépendante, et, le 8 mars 1790, l'Assemblée nationale décréta qu'elle n'avait jamais entendu comprendre les Colonies dans la Constitution qu'elle avait décrétée pour le royaume.
Cette déclaration alluma le plus violent incendie; il y eut des révoltes, des insurrections, des trêves, des reprises d'hostilités, des amnisties et des violations des plus saintes promesses.