‹ L'Haïtiade: poème épique en huit chantsChapitre 6 sur 14 · AVERTISSEMENT. IX · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. IX

être avantageusement comparée à la Henriade, la seule épopée française que les Muses n'aient point désavouée,

» On cède aisément aux séductions du génie de Voltaire, et, cependant y quand on met en regard le sujet de la Henriade et celui de /'Haïtiade, il esf impossible de préférer la fastueuse narration des prouesses d'un roi vaillant aux chants émus qui célèbrent la rédemption d'un peuple et légalité de la race humaine.

» Si l'on passe du sujet au merveilleux, le rapprochement entre les deux poèmes est encore moins favorable à Voltaire. Il s'est borné, dans la Henriade, à la personnification d! êtres moraux, tels que la Discorde, la Paix, /'Envie, etc., etc., figures symboliques, sans prestige, sans autorité, aussi impuissantes à exalter les esprits qu'à réchauffer les cœurs-, tandis que Hauteur de /'Haïtiade, s'inspirant de la foi chrétienne, fait intervenir Dieu lui-même parmi ses héros, le Dieu, souverain maître du ciel et de la terre, le Dieu qui récompense ou punit, qui donne la victoire ou la mort, et dont Vapparition soudaine est toujours le coup de tonnerre qui ébranle les âmes.

» Quoique THaïtiade ait été composée, selon toute apparence, dans les dernières années de la Restauration, elle appartient, par sa forme littéraire, à l'école classique du commencement de ce siècle. Son vers est celui de Delille et de Joseph Chénier, aussi harmonieux, aussi abondant, mais plus souple et plus coloré. On y sent passer, par moment, le souffle émancipateur du romantisme, dont il subissait l'influence à son insu.

» En somme, /'Haïtiade est une de ces productions magistrales qui font honneur à notre littérature, et f aurai

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