‹ L'harmonie dans l'Union [microforme]Chapitre 23 sur 40 · UNION DES BONNES VOLONTÉS · texte numérisé non relu

UNION DES BONNES VOLONTÉS

Je répète que la prévention que je me suis efforcé de détruire est, premièrement, injuste envers notre clergé national. J'ai bien dit à tous ceux avec qui j’en ai causé qu’il fallait, pour être dans le vrai, juger l’action du clergé comme carps par la direction donnée par les chefs de l'Eglise canadienne, l’épiscopat. Cette direction est magistralement exposée dans l’admirable lettre pastorale lue dans tous les temples des Canadiens-français, deux fois au cours de toutes les élections.

Et que dit-elle en résumé ? Elle recommande aux électeurs de voter suivant leur conscience, d'éclairer leur opinion, de garder la paix, de respecter les personnes qui leur adressent la parole, de ne pas vendre leurs votes, de ne pas faire usage de liqueurs enivrantes.

ent, personne ne peut raisonnablement prétendre qu’en agissant ainsi notre clergé national ne remplit pas son devoir d’une manière aussi sage qu’admirable.

Mais j'ai expliqué avec soin, dans les nombreuses occasions que j'ai eues de le faire, que jamais notre clergé ne s’arroge le droit de dicter aux citoyens dans quel sens ils doivent se prononcer sur les questions de l’ordre politique.

De tout ce qui s’est dit et fait pendant la période tourmentée de la guerre, je ne veux voir et ne faire ressortir que la position prise par l’épiscopat canadienfrançais, à l’unanimité, dès le 23 septembre 1914, dans sa lettre pastorale, affirmant que l'Angleterre, engagée dans la guerre, comptait ‘à bon droit sur notre concours”, et se déclarant heureux de dire que ce concours lui avait “été généreusement offert en hommes et en argent’’.

A cette formelle approbation de La participation du Canada à la guerre, l’épiscopat canadien-français, toujours fidèle à son devoir de loyauté, a donné la solennelle consécration de ses instructions à ses ouailles de prier pour la victoire des Alliés et pour la paix.

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Quant aux mesures à adopter pour donner toute l'efficacité poskible à l'effort militaire Canadien, cela était l'affaire du parlement et de l'électorat. L’'épiscopat ca-

LA SECONDE JINJUSTICE

La prévention que nos compatriotes subissent une influence indue de la part de notre clergé national est très injuste à leur égard. Je ne fais pas cette affirmation à la légère. Sous le rapport des manifestations de l’opinion publique des

iens-français, je suis sur un terrain très connu, pour l’avoir étudié, observé,

parcouru en bien des sens un demi-siècle durant.

J'ai dit à mes concitoyens d’Ontario que mes compatriotes canadiens-français étaient sans aucun doute, de tout l'électorat canadien, les plus susceptibles deressentir vivement touteingérenceindue dans le libre exercice de leurs droits politiques. J’en ai eu mille fois la preuve au cours de ma longue expérience électorale. Un des plus sûrs moyens pour un candidat de préparer sa défaite, c’est d’affirmer, comme plusieurs malavisés le font, son succès d'avance. Règle générale, les électeurs n'aiment pas que celui qui brigue leurs suffrages compte ainsi leurs votes en sa faveur avant qu’il leur plaise d’en confier le secret à l’urne électorale.

L’électeur canadien-français est très jaloux de son droit, de 32 liberté d’opinion. Je ne saurais trop conseiller aux jeunes qui se préparent à la vie publique, quand ils voudront convaincre un auditoire canadien-français, de ne jamais se

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