UNION DES BONNES VOLONTÉS
vanter d'avance de la victoire qu'ils se disent certains de remporter. Si vous ne laisses pas aux électéurs le soin de régler la question, ils sauront bien le prendre et vous causer des surprises, Le soir d’une élection, ce sont les bulletins qui comptent, et non les chants de triomphe anticipés dont l'écho s'éteint vite lorsque sont détruites les illusions qui les avaient inspirées.
La paix rétablie—et pour très longtemps, je l'espère et le s0 ite— les passions calmées, le bon sens dominant la nouvelle situation, —comme il a, dans l'ensemble, guidé l’admirable effort patriotique canadien pendant la guerre— cette prévention, également injuste envers notre clergé national et nos compatriotes, sera facilement détruite, J'en suis persuadé par la facilité avec laquelle j'ai réussi à convaincre de nombreux esprits qui avaient subi, dans une certaine mesure, l'influence pernicieuse de gens fanatisés.
1655 Eost Main Set (716) 288 - 5989 — Fax
Tous les jours, dans cette pauvre vie semée de tant d'épreuves, il nous est donné de constater que le défaut de tact, que l’imprudence, en paroles et en actions, sont déplorables et causent des ennuis qu’il serait facile d’éviter.
Ce qui est vrai des individus, l’est également des nations, de la collectivité.
Il existe à Ontario une prévention contre nous que des paroles imprudentes et des vantardises outrées ont produite.
Elle est nuñsible à nos compatriotes de la province-sœur. Il importe donc de la détruire.
Il est bien connu que notre élément augmente graduellement en nombre à Ontario. Nous avons une partie considérable de la population de la capitale, Ottawa. Quelques milliers de Canadiensfrançais sout du nombre des citoyens de
Toronto. Il Y à même une paroisse Canadienne-française, avec son église, dans l’est de la grande cité.
La ville de Windsor et le comté d’Essex, à l’ouest de la Province, comptent une forte population de Canadiens-français.
Comme on le sait, nos compatriotes augmentent en nombre surtout dans le nord de l'Ontario, dans les régions desservies par le. chemin de fer Transcontinental.
Tout le monde se réjouissait de ces progrès encourageants, et en souhaïtait le développément.
Mais voilà que des enthousiastes imprudents embouchent leurs trompettes les plus retentissantes, proclament les Prouesses colonisatrices et envahissantes des nôtres dans l'Ontario, répètent sans cesse qu'après avoir, dans un avenir prochain, délogé ce qui reste d’Anglais dans les Cantons de l’est, les Canadiens-français se retourneront, tout glorieux de ce
premier succès, pour faire de même la conquête de la province voisine à l’ouest.