RHYTHMIQUE
Quoi qu'il en soit, les Grecs avaient fait de l'étude du rhythme une science qu'ils appelaient la rhythmique, puQfAix-^, qui consistait à sentir exactement soi-même et à faire sentir aux autres, dans une phrase, les syllabes accentuées, et à glisser légèrement sur celles qui ne l'étaient pas.
La rhythmique allait plus loin. Elle apprenait à conformer les mouvements du corps au rhythme des phrases ou des vers , notamment dans les marches et évolutions du chœur sur le théâtre : mais c'est une apphcation dont nous n'avons rien à dire, puisque nous ne parlons ici que du langage.
La même science existait en fait chez les Latins; mais ils n'avaient pas à l'étudier, parce que l'accentuation de leur langue étant fort régulière, il n'y avait pour eux aucune difficulté pour la justesse de la prononciation.
Chez nous, à plus forte raison, la rhythmique s'est tout à fait évanouie comme objet d'étude, quoiqu'elle
r iihsislc dans la pratique, puisque nous sentons fort l;jen quand les mots d'une phrase sont accentués de travers. Mais notre prononciation est en ce point si ivaulière, que personne n'a besoin d'en apprendre la iliéorie. Chacun porte naturellement et sans erreur les accents où ils doivent ôtre, et la rhythmique ne nous paraît blessée que dans les vers mal construits, comme ( t'iui-ci de Monifleury dans la Femme juge et partie (IV, 4) :
En effet, ce poftY juge de balle est (ier,
Mil la cadence du vers veut que t'a, qui marque l'hémistiche soit accentué, tandis que la bonne prononciation de petit juge ne permet pas qu'il le soit.