AIGU ET GRAVE. VOIX CHANTANTE ET SIMPLE PAROLE
Les voix diffèrent par le ton ou par ïintonation quand l'une est plus grave et l'autre plus aiguë, le grave étant
1. Cette modification de la voix humaine dans le simple discours, ez subtile pour avoir échappé à presque tous les observateurs, --.ait été seulement indiquée en 1849 dans le Cours supérieur de grammaire (p. 7, et dans la table des matières, p. 306, au mot ton) ; puis examinée à fond en 1861 dans les Thèses supplémentaires de métrique ancienne, n" Vlll Éclaire, xxvu. Le présent chapitre est le résumé de cette thèse.
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produit par une corde plus longue ou moins tendue, et l'aigu par une corde plus tendue ou plus courte. Les voix des femmes et des enfants sont plus aiguës que celles des hommes.
Le passage de l'aigu au grave ou du grave à l'aigu est manifeste dans le chant par trois raisons : la nature même de la voix chantante, la grandeur exactemenl mesurée des intervalles, et l'existence de signes qui eu marquent les variations. Insistons sur chacun de ces points.
1° Nature de la voix chantante. — La voix dans le chant est posée, c'est-à-dire qu'elle reste ou doit rester invariablement sur le même son pendant toute la durée de la note ; tandis qu'elle ne l'est pas du tout dans la voix parlante ou discursive ; autrement dit, elle y oscille perpétuellement autour d'un certain médium, sans s'y fixer jamais.
Cette différence entre les deux voix est bien sensible dans le chant ecclésiastique des épîtres et évangile?. Tout le monde sait que la phrase est récitée presque entière sur le même ton, la note de plain- chant restant la même jusqu'aux dernières syllabes où il se fait une petite modulation : et personne assurément ne confondra ce chant avec la simple parole.
2° Grandeur exactement mesurée des intervalles. — Dans la musique la voix monte ou descend par des espaces exactement mesurés qui ne sont pas moindres qu'un demi-ton. Dans la simple parole, au contraire, les intervalles parcourus sont en général très-petits comm.e seraient un quart de ton, un sixième, un neuvième de ton ou moins encore ; et surtout ils ne sont aucunement mesurés , ni mêm^e mesurables, puisque le médium où la voix se tient en général, n'a pas luimême une situation fixe.
3* Sigties indiquant les variations de la voix. — Dès qu'on s'est occupé de musique, on a senti le besoin d'avoir des caractères pour désigner les sons différents. Chez les Grecs et les Romains, ils étaient marqués par des lettres entières ou mutilées, droites, inclinées ou renversées. Plus tard, lorsque la composition de l'octave fut bien connue, les premières lettres de l'alphabet o, b, c, d, e, f, g, romaines ou italiques, majuscules on minuscules, indiquèrent les sept tons de la gamme. Dans le siècle dernier J. J. Rousseau modifia cette notalion en prenant au lieu de ces lettres les chiffres 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7 ; et le système de Rousseau a été renouvelé de nos jours par Galin, par ses élèves et ses successeurs. Mais surtout le mode de notation trouvé ou au moins perfectionné par Gui d'Arezzo, qui place les notes sur les lignes ou les intervalles d'une portée formée de cinq parallèles et armée d'une clef, est usité depuis huit cents ans et employé partout pour indiquer les notes des diverses octaves. De plus chacun de ces sons a une dénomination spéciale qui ne permet de le confondre avec aucun autre.