Thèses suppl., p
quelque façon, le resserrement des syllabes. Arsis est elatio temporis, sorti, vocis ; thesis depûSitio et quœdam contractio syllabarum (p. 2482).
11 est donc clair que toutes les fois que l'accent tombait sur une brève, cette brève prosodique devenait longue dans la réalité; toutes les fois qu'une longue n'était pas accentuée, cette longue prosodique était réellement brève. En grec àiopioç, dorien, avait la première syllabe longue, non parce que c'était un oj, mais parce qu'il portait l'accent; tandis qu'au génitif Aojpt'ou, et au datif Ao>p(o) où l'accent passait sur l't, c'était cet t qui devenait long à l'oreille, l'w devenant bref a;; contraire.
En latin l'a était long dans vânus, vain, il restait long dans vdnitas, parce qu'il conservait l'accent. Mais aux cas obliques vanitdtis,vanitdli,vanitâtem, vanUdte, l'accent passant sur ta, la première syllabe devenait brève à l'oreille, quoiqu'elle restât prosodiquement longue.
Quelques personnes disent à ce sujet qu'il ne faut pas confondre l'accent, intensité plus grande de la voix, avec la longueur qui consiste à la soutenir plus longtemps; ou plus brièvement, qu'autre chose est la syllabe battue, autre chose la syllabe allongée*. — Sans doute; c'est une distinction métaphysique parfaitement claire et que les musiciens réalisent fort souvent dan < ce qu'ils nomment des syncopes. Mais ce moyen ce! difficile, éloigné de la nature, et demande un exercicf'
1. Une expérience bien facile indiquée dans nos Thèses sur quelques points, etc., p. 221 en note, montre combien cette distnition est cliimérique. Frappez périodiquement et bien également trois doigts de la main sur un pupitre. Si vous laissez après l'un d'eux uu silence double, c'est à celui-là que vous rapporterez invinciblement le temps foft de la iLesure, c'est-à-dire l'accent. Et pourquoi cela"? Parce que Toreille y trouve un temps double; tant il est vrai que dans la nature l'accentuation et la longueur de la syllabe vont toujours er; semble.
>(it;cial elloggleuips soutenu. Jamais un peuple parlant et faisant sa langue ne s'est amus6àfaire des syncopes tout exprès pour ôlre moins entendu. Ici encore les 1 rudils ont distingué des abstractions, et supposé à lort que ces distinctions subtiles avaient leur réalité lians le monde des laits ^ A ces preuves positives, si nombreuses et si péremp- )ires, s'en joint une négative plus forte encore si c'est ^ ossiljle : sa\oir que les grammairiens grecs ou latins, (juand ils traitent de la prononciation, ne disent pas un mot des longues ni des brèves jjrosodiques '\ Ils insistent sur l'accent que nous savons influer sur la longueur réelle : quant à la quantité prosodique, qui, selon l'opinion connnune, serait un élément si essentiel de la prononciation correcte, ils n'y pensent seulement pas'. Un liomme sensé croira-t-il que, si les longues et les brèves eussent eu dans le langage la différence que nous leur supposons, les grammairiens qui traitaient de la prononciation, les eussent passées sous silence?
§ 20. PREi;VES HISTORIQUES OU TRADITIONNELLES.
Ce n'est pas encore tout. Il y a aussi des ])reuves qu'on peut nommer historiques ou traditionnelles. Les
1. Les personnes qui n'ont pas l'habitude de la musique ne se font pas en général une idée nette du phénomène dont il s'agit. Elles croient qu'il suffit de détfnir la chose pour passer à la pratique. C'est une erreur. 11 en est de cela comme de battre la mesure à contretemps. Rien n'est plus facile d'après la délinition : c'est de battre le second temps, par exemple, dans une mesure à trois temps. Ehbien ! quelles l'essayent. Elles verront tout de suite quelle distance il y a entre concevoir une chose et l'exécuter.
2. Thèse; suppL, p. 252 et suiv. ;Denys le Th race, dans Bekker, p. 629; Max. Victorin dans Putsch, p. 193S; Quintil. I, vm, n» I.