VIII PREFACE
Ou ne trouvera rien ici qui ressemble à celte confusion. Les sons de la voix sont d'abord méthodiquenaent classés et nettement définis , ainsi que les modifications générales qu'ils peuvent recevoir, l'accent, le ton, la quantité; d'où le rhythme et le mètre du discours. C'est la première fois, sans doute, que l'analyse exacte de la prononciation est, dans un ouvrage didactique, appliquée aux langues anciennes comme à la nôtre. Aussi tout y est-il paifaitement clair. Nulle part on n'emploie de terme métaphorique ou qui n'ait été précisément défini; et tout ce qui est une fois indiqué peut être immédiatement et sans faute reproduit par la parole.
Comme il n'y a là d'ailleurs rien de difficile, que les résultats sont incontestables et intéressent lout le monde, que c'est enfin le seul moyen de nous faire une idée précise des choses, n'y a-t-il pas lieu de désirer que cet enseignement tout nouveau se répande, et complète ainsi dans la pratique, pour ceux qui apprennent ou ont appris le latin, les connaissances purement théoriques qu'on se contente presque toujours de leur faire acquérir ?
J'avais souvent parlé de ce livre à l'illustre et regretté doyen de notre Faculté des lettres, M. Victor Leclerc qui, s'il ne partageait pas toutes mes idées à ce sujet, s'accordait avec moi en ces deux points que la vraie prononciation latine ne s'est nulle part aussi bien conservée que chez les Italiens, et que les travaux d'érudition des Allemands, presque toujours si profonds et souvent si estimables, le seraient encore davantage s'ils y mettaient la méthode et la clarlé qui distinguent l'esprit français.
J'aurais eié heureux de lui offrir ce petit volume dont il connaissait le fond par mes thèses précédentes. Maintenant que la mort nous l'a enlevé, je veux du moins placer ici son nom en témoignage de mes regrets et de ma reconnaissance pour l'amitié dont il m'honorait depuis une trentaine d'années.
Décembre 1866.