Trad. de Gros, t. I, p
A petit saint petite offrande.
Lo moin' répond comm' l'a.bbé chante'.
Voilà des vers de huit syllabes. Le dernier est grammaticalement fort irrt'gulier : mais en élidant les e muets devant les consonnes, comme cela se pratiquait autrefois, il salisl'ail exactement au rhythme, et cela suflit pour les vers que j'examine en ce moment.
Les vers saturniens des Latins * étaient de ce genre , non pas ceux qu'admit plus tard la métrique latine et qui se composaient d'un iambique dimètre cataleclique (c'est-à-dire de trois pieds et demi), suivi de trois trochées'; mais les premiers vers de ce nom, ceux qu'on supposait avoir été chantés au temps de Saturne par les Faunes et les devins dans les vieilles forêts du Latium, comme disait Ennius*:
Versibu' quos olim Fauni Vatesque canebant,
Ces vers se retrouvaient sans doute soit dans les anciens oracles, soit dans les vieux préceptes d'agriculture. Tel est cet adage que rappelle Macrobe dans ses Saturnales (I, 17).
Hibérno pùlvere, vérno lûto Grândia fârra, Camille, métes'*.
On voit qu'ici le rhythme est tout ; la quantité proso-
1. Exemples tirés du Recueil de proverbes, de M. Leroux de Lincy.