‹ L'Harmonie du langage chez les Grecs et les Romains, ou, Étude sur la prononciation de la prose élevée et des vers dans les langues classiquesChapitre 31 sur 82 · Honore Dieu d'aburd et en second lieu tes parents · texte numérisé non relu

Honore Dieu d'aburd et en second lieu tes parents

savoir : un troclu'ic, un tipitrile premier, un pentasyllabe, un trochée et un bacchius.

Le système prosodique des Grecs et des Latins leur permettait de considérer comme parfaitement égaux des vers dont la longueur réelle était fort différente. Un vers composé de six spondées n'aurait eu que douze syllabes; composé de six dactyles, il en aurait eu dixhuit. La moyenne était quinze, et c'est en effet de ce nombre que les hexamètres se rapprochent le plus ordinairement sans avoir l'exacte précision des nôtres.

Le vers pentamètre se joignait à l'hexamètre pour former avec lui des distiques. Il s'y joignait d'autant mieux qu'il avait le plus souvent cinq accents comme lui, et comprenait ainsi cinq pieds rhythmiques.

Donec éris | félix, | mùltos | numerâbis 1 amfcos : Témpora | sifùerint | nùbila, | sôlus | éris*.

Le vers ïambique inventé par Archiloque peu de temps après le vers pentamètre, était extrêmement libre, et se rapprochait beaucoup de la simple prose. Il y avait des vers iambiques de beaucoup d'espèces. Le plus communément employé avait six pieds ïambes ou tribraques, spondées, anapestes ou dactyles, qui se réduisaient en quatre ou cinq pieds rhythmiques.

Athénae | quum florérent | aéquis légibus, Prôcax I libértas | civitâtem | miscuit*.

Voilà des vers à quatre accents : ils sont suivis un peu plus loin de vers qui en ont cinq. Les vers tragiques

1. Ov., Trist., I, IX, 5. Tant que tu seras heureux, tu compteras beaucoup d'amis ; si les temps deviennent plus sombres , tu resteras tout seul.

2. Phèd., Fail., I, 2. Lorsque Athènes florissait sous des lois démocratiques, une liLterté tumultueuse brouilla toute la cité.

de Sénèqiie en ont aussi presque toujours cinq ; et les césures, comme dans le vers hexamètre, sont en général pentiiémimères ou hephthémimères.

On voit qu'au fond tous ces systèmes se ressemblent. Le principe du vers, c'est une certaine égalité dans les rhythmes. Cela seul constitue celui qu'on peut appeler naturel et rudimentdire. Après un certain temps, on invente une façon particulière de mesurer ces prolations et l'on soumet les poètes à des règles plus difficiles; c'est ce qui forme la métrique. Maintenant la métrique détermine la régularité des vers, mais n'en constitue pas la cadence. Celle-ci se trouve toujours dans la prononciation réelle, qui ne reconnaît que les pieds rhytlimiques, c'est-à-dire les mots ou groupes de mots déterminés par des arsis et des thésis.

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