‹ L'hégélianisme et la philosophieChapitre 15 sur 29 · DE U. SAISSET · texte numérisé non relu

DE U. SAISSET

au blanc pour les fondre. Il parait qu’il en est de même des âmes. Ensuite M. Saisset me fait l'honneur de me citer , en adressant des compliments à mon bon sens. J’ai dit an lecteur ce que je pense du bon sens. Je lui ai dit aussi quo je me déduis un peu des éloges de M. Saisset. Ce n’est pas que je ne lui en sache grc. Les éloges font toujours plaisir , lors même qu’il y a un latet anguis in herha. Mais, comme je dois au lecteur la vérité, il faut que je lui apprenne que ces éloges il me les fait payer, et qu’il me les fait payer en me mutilant , en me faisant dire ce que je n’ai ni dit, ni voulu dire, et tournant ainsi à mes propres yeux , et aux yeux des autres, mon bon sens en naïveté. Ne serais-je pas bien naïf, en effet, si après avoir combattu dans maints endroits, et dans mon Introduction à la philosophie de Hégel , et dans mon Introduction à la Logique , le principe de contradiction, et après avoir montré les erreurs, les inconséquences, et les impossibilités dans lesquelles on tombe lorsqu’on l’admet, je venais dire ce que M. Saisset me fait dire? Comment il s’y prend pour me le faire dire, je n’ai pas besoin de l’apprendre au lecteur. Le procédé est connu. Dans un passage d’une ou deux pages vous choisissez deux ou trois lignes, celles qui remplissent le mieux votre objet, vous les détachez du reste , sans vous croire même obligé de les reproduire textuellement, et le tour est joué. Je pourrais renvoyer le lecteur à ce passage, mais voulant lui en éviter la peine, je vais le lui mettre sous les yeux en entier, u Une chose, ou un sujet, nous dit-on, ne saurait être autre que lui-même, c'està-dire, ne saurait posséder une qualité contraire à

GEITIQUE

une autre qualité, œ à quoi on ajoute, pour rendre la formule plus précise, qu’il ne saurait la posséder en même temps, et sons le même rapport. Ainsi, un corps qui est blanc ne saurait être noir, ou un corps qui est léger ne saurait être pesant, en même temps qu’il est blanc ou léger , et par rapport à un autre corps auquel on le compare. C’est là le sens qu’on attaché, généralement au principe de contradiction ; et ainsi entendu , j’en conviens , il faut Inen V admettre, mais je me hâte d’ajouter qu’il n’a pas de valeur scientifique, bien plus, qu’il est puéril. Personne, en effet, ne s’avisera de contester qu’une chose n’est pas blanche pendant qu’elle est blanche, que la lumière n’est pas la lumière, ou que l’ombre n’est pas l’ombre. Mais la question est de savoir si la contradiction est une loi nécessaire des choses, un principe absolu qui gouverne le tout, aussi bien que les parties, et sans lequel, ni le tout, ni les parties ne sauraient exister. Car, peu importe de savoir que l’être vit réellement pendant qu’il est vivant , ou que tel individu est vivant, le point essentiel et décisif étant de savoir si à côté do la vie il y a la mort, et si la mort est également nécessaire et bienfaisante , et si elle contribue également à la beauté , à la conservation et à l’harmonie des choses. De même, il serait insensé de dire que l’homme pleure pendant qu’il rit, ou qu’il veille pendant qu’il dort, mais ici aussi la vraie question est de savoir , si ces oppositions existent et doivent exister dans l’homme. C’est là la vraie signification du principe de contradiction ; et si on l’entend ainsi, on découvrira aisément ce qu’il y a de fallacieux et d’irrationnel dans le sens que lui

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