DB M. 'JA H ET
Sophie (1). Ën effet, qu’est oe qtie la phikæqphie si ce n’est une interprétation <lanB le sens que je viens d’indiquer? Ëti soit quelle s’applique à la nature, ou qu’elle s’applique à l’esprit , soit qu’elle étudie les mouvements T des astres, ou le 'mouvement de l’hietoire, son objets son essence ipropre^n’est*ell 0 pas de! substitueri partout l’invisiblei au< visible, la: loi au fait, la réalité éternelle! à l’apparence? Est-elle, peut-elle être autre chose, et a-t-elle jamais fait autre chose? A-t-elle ïait autre chose Centre les mains de Socrate, dcPlaton y d’Aristote , (les Alexandrins, de tous les vrai* philosophes,. !en un mot? £t que signifient ces paroles deiSaiuti Anselme lui-même, quærens infellectum^ si cëjn’est que:- sous la lettre du christianisme il'yia Hesprit, et . que l'esprit est la vérité et l’objet propre üt final de Inintelligence ? Et les pères de i l’Eglise lorsqu’ils ont cherché à expliquer rationnellement la Trinité n’out ils pas, eux aussi, reconnu tacitement: ou explicitement, volontairement ou involontairement, oette vérité? Loin donc que Hégel ait manqué de sincérité ou qu’il ait faussé le christianisme, il a, au conbraircy été très-sinecrey et il a rétabli, ou cherché à rétablir le sens véritable ctl caché de la doctrine chrétiennei tî’iUétaiti.venu nous dire: je suis philosophe, mais pour, ce qui concerne le dogme chrétien, j’admets exactement ce. que admet la Cour de Kome, ou M. de MontalemborAi ou M. de Maistre; ou bien, si par impuissance, ou- ^ari diplomatie il était venu nous dire: de cesf choses-1^ je ne m’e® occupe point, la philosor
(t) Voy. sur ce point mon Introduction à la philosophie de Hégel. Ch. VI, § 3 . ' jo
pkie n'a qu’y voir^ e’ost> dangereox et c’est • inutile , cela' peut nous brouiller avec les évêques et les car* (linaux,'et on ' peut très-bien faire son -diemin dans le monde sans y ' toucher; mais si vous tenez absolument à ce que 'je' m’aventure sur ce terrain glissant, > je vais' prendre mes précautions,' je vais ipartager ''la'' vérité en deux,' on vérité surnaturelle et eu'^ ■vérité' naturelle et toutes les 'fois qu’il se présentera' tme'i de ces' questions qni sont faites pour troubler 'itia' paix ou la paix du monde, je m’en débarrasserai en ’ la renvoyant parmi les vérités surnatnrelles , et tout se 'trouvera ainsi arrangé, et la religion efScielle 'etla philosophie officielle , et cardinaux et pairs de h' rance pourront se donner la main, > se > faire des ré^ vérances et naviguer dans les mêmes eaux, si Hégel,, dis-je , nous avait tenu ce langage , c’est alorsri que nous aurions le droit de dire: cet homme est unco-/ médien , et sa prétendue philosophie ne peut ictre qu’une moquerie et un mensonge. - , •
Mais pour en revenir au point de départ et à d’objet de cette discussion, je répéterai que je crois' avoiri Je droit de demander h M. Janet au nom de quelle doctrine, il juge la théorie hégélienne touchant l’absolu et . la nature divine.iCar sa critique ne peut avoir une i valeur > etïiun sens, qu’à cette condition. Or serait-ce au nona de l’éclectisme qu’il nous parle? Mais l’éclectisme ^ nous venons de le voir, n’a pas de doctrine. IL a des mots, tilia des phrases, il a un composé, un amalgame de personnalité et d’impersonnalité, assaisonné de ja ne sais quelle espece .de christianisme, mais il n’a pas de doctrine rationnelle et bien définie,., une doctsine qui sache d'où elle part, où elle va et qui entende ce
DEM. JANET
qu’elle dit Je eaia ce q.ue ;va répondre M. Janet M»' critique, noue dira-t-il, ne s’appuie ni sur j'cclectieme, ni ,»ur le christianisme, ni sur Platon, ni sur, Aristote, luais.eur toutes. ses doctrines, et.sar tous cee .noms ù-la'fois. . Et en effet, voiciroe qu’il nous dit. i.Voiei le, singulier I passage où.i il;nou8 donne son opinion sur Hegel, sur le christianisme, sur Anaxagore etc. Je vais le trasorire en .entier. » Et, en,- effet, dit 31. Janet , le premier principe deiHégel c’est la matière!!! (non pas J sans < doute cette matière qui tombe sous nos sens, et que les matérialistes grossiers croient folles menti. être le fond de la réalité) mais cette matière intelligible (in uXy)) que les anciens concevaient comme la substance de choses, et que Platon définit en oes‘ termes: u Ce. principe qui est comme la mère et le réceptacle de toutes choses, qui n’est ni la terre, ni l’air, mi le feu, ni l’eau, ni les composés de cos eho» . ses, ni les éléments de ces éléments, mais une essence invisible, sans forme, matrice de toute chose, capable de I participer , par nue opération inintelligible j .ù la divine intelligence , une nature enfin qui , par elle^ même, peut à peine se comprendre et qui ne peut être saisie que par un raisonnement bâtard, et comme dans, un : songe, n Ce i principe, ■ que Platon et 'Aristote considéraient comme la tradnotion ' métaphysiqne ' de CO que les poètes appelaient le chaos , ce principe qui n’étant absolument rien de détemriné, 'et n’nyaot aucune propension particulière, mérite tout aussi biem d’être appelé le hasard que l’étre, ce principe que leplatonisme et le péripatétisme avaient réduit â l’ex-' trême limite de l’être, au* point que le christianisme n’eut plus qu’à souiller pour l’anéantir ;!U! voilà < le
CB ITIQ€ E
principe que 1» philosophie hégélienne ressuscite ponr en Ikire l’être- pour soi , , et lia source de touteiexistenee II Et* l’intelligence. qu’Anaxagore, Socrate, Platoa let Aristote avaient successivement -dégagée de la matière et.iâtt.ohaos, préparant ainsi par, des moyens humains et profanes .la métaphysique chrétienne,’ re* devient, * comme elle* l’était' dans la'pliilosophie d’Anaxtmandre et d’Héraclite, un produit de la force aveugle net .obscüre>par laquelle tout a commencA''La pbilofiophioi hégélienne, quelque savante qu’oUe soit dans sa j forme (j’en dis autant de toutes les. philosojhics nouvdies, imitations faibles et stériles de l’bégélia’ nisine).,(l) , n’est donc pas à nos yeuK. un - progrès métaphysique. C’est le naturalisme abstrait, c'est l’algèbre du naturalisme ; mais ce n’est que le naturalisme. J’accorde, et il est inutile de le |dire , que la philosophie de Hégel n’est ni matérialiste m\ atlu?iei Elle \ n’est i pas matérialiste, car elle croit que (le priftr cipe de toutes choses est dans l’intelligible elle n’ast pas athée, car elle admet , l’existence d’un,. principe absolu quii existe par soi. Enfin, elle croit et die veut être; une philosophie de l’esprit; et elle .se persuade mémo i que son originalité est d’avoir conçu d’absolu oominn esprit; mais en cela elle se trompe ment sur, elle-même, il n’y a pas d’autre, signe distinctif fde d’esprit que l’intelligence, et d’autre signe de l’intolligence que la conscience de soi. L’absolu n’est
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.^1 (1)^ Ceci est à l’adresse des Çomlisles, et sur ce points niais sur ce point seulement, je suis d’accord avecM. Janet. J’ajouterai que*, 'précisément parcequ’elle ii’esl qü’unè’’mauvnise imitation de l’hégélianisme, la doctrine de Comte grimâee l’liégéliatiisme, mais elle n’est pas du tout l’hégéliaoisme. oi. i> • . .
DE M. JANET IH'J
donc esprit qu’à la condition de penser et de se penser. Or fie principe de^Wgel arrive bien à la pOBsée, et même 'à la. pensée- de Ini'-raéme ; mais ce' n’est là qu’un accident J de 'la nature, Ce n’est pas sa nature propre, (üomine pensée,' il 'n’est pas absolu, car il es* Platon, ' Hégel, Mahomet etc. Comme 'absolu, il u’est pas- pCnséei,' car il’-^st' l’être identique > au ’ -nomêtre. Ainsi l’absolu, dans^la doctrine de Hégel, n’est pas essentiellement esprit • il ne l’est qu acuidentellement. S’il n’est pas esprit, qu’est-il donc? Il est une c^oes. C’est le caput vwrtuum de l’analyse et de l’abstrar ction divinisé.... Dans le platonisme , au contraire , Dieu est esprit , car il est la raison même,, non pas une raison inerte et endormie dans la nature, et qui n’arrive à se connaître que dans la conscience . humaine; non point un germe de raison qui se déva» loppe lentement et pas à pas, sommeillé dans le>^mit néval, vit dans le végétal, sent dans l’animal et pense dans l'homme, selon l’expression de Schelling; c’est une raison en acte, une tonte-raison, se sachant, se possédant , capable d’action , faisant les choses selon c,e-qn’eUe est, au lieu d'être faite elle-môine par la sèule force des choses. Dieu, entin, comme on l’a dit, est“la pensée' vnvente. n — Voilà ce passage où l’on voit'dofiler devant soi; comme 'dans une phantasmo*^ gorie,' cette longue file de philosophes qui s’étend de puis* Anaxagore jusqu’à nos jours, et qui, christianisme en tête , va fondre sur Hégel pour le chasser du sanctuaire, et pour lui dire que l’astre qui a présidé à sa, naissance s’est trompé de ,,datç,, et qu’il aurait dû, le faire .naître à)la place .do ;iThalès où d’fléraclite; ce qui du reste devrait consoler Hégel, puisqu’il
Cil 1 T 1 <t U E '
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aérait canonisé ■ en 'cerimoraent}' à 'la façon: dont on Canonisait dans oesivieax iemps. Je» net vois mêmfc pas'pourtpioi'y Icnrsqo’on parle ^an nom da ohristianisino, ' on t ne t’enverrait pas passer le reste de «es joers dans lia sooiéèé de: ce persomuige''‘aux: pieds fonrèkns, avec leqnell on nous' a déjà mis en i^apport, noas^bsmdides éboticrs qui Voulons goûter daü fruit idéfèaida. Ma», voyons, cher' lecteur, prenons codrag^ 'ne Tidds laissons pas- effrayer par cet appareil ! formidable <'de grands noms, et par un appareil à l’aspect piiiB formidable encore d’arguments fondés' snr la' càoss, le ^aput mortuHm et la conscience de sei^ 11 se pourrait bien qu'il; n’y eût là, en effét, qü’une phanta«BMagurie, qu’un mirage trompeur qui s’évanouit à'niestire qa’oa s’en approche et qu'on- veut le saisir.- ‘'i Mi'Js-iiil-i • >rEt d'abord, je pourrais dire à *M. Janet.' 'Vous posez à Hegel Anaxagore, Socrate, 'Platon,- 'Arittolfe «t le 'christianisme ; et moi je décline' la ^compétefiÉfe de ce tribunal, et je la décline, pafeeque J-eB'al Ic droit. 'Car, lors même que la doctrine' de oes'pbilo>- , phes, et celle du christianisme seraient telles qob vous lè prétendez, il ne s’ensuivrait pas qoe-la vérité' su'rait de I vôtre côté, et que l'erreur serait”8u^ nôtt?eL Votre’ àrgument est, au fond, l’argument 'dee tnajb'ritéS et( du suffrage 'universel. Il-y a là dix 'icontrè un, donc ces dix 'ont' raison, efcetJun'a tbrt.f C'ést ainsi que raisénne la philosophie' du bon sens,'' oU fa philosophie populaire mais ce n’est pas 'ainsi "que raisonne la philosophie.; Est-ce que’Galilée avait peut lui la majorité, ou même la science de son tennps et des temps-, -passées ? Et ce Socrate, et ce Christ que vous invoquez, pareeque vous avez besoin de vous