K T 1 / É U V I) I T ION 1 SI
présente , on crie à l’athéisme, au panthéisme et à je ne sais quelle autre abomination, et on ameute contre lui l’ignorance, la sottise et les préjugés de la foule. Pour moi, ai-je besoin de le dire? ces accusations et ces cris ne m’effraient, ni ne me touchent. Ce qui me touche , c’est la raison et la science, bit c’est pour cela que j’objecte contre l’érudition et le bon sens. J’aime, ou du moins je crois aimer la liberté et la science, qui est la plus haute liberté*, je crois même les aimer par-dessus toutes choses , et je ne vois pas comment l’érudition et le bon sens pourraient me les donner. Quand je tourne mon regard vers la science, que j’en contemplé l'objet, et que ma pensée se plonge dans cotte harmonie à-la-fois simple et profonde qui en pénètre et en lie toutes les parties, je m’écrie avec l’apôtre, 0 altitndo! Si je m’adresse ensuite au bon sens, et que je l’invoque pour qu’il vienne m’aider dans ce travail, et pour qu’il me prête les ailes, qui doivent m’élever, ou me maintenir dans ces hautes régions, ma vue se trouble, et aux clartés, ou aux lueurs qui illuminaient mon intelligence succède une obscurité profonde. C’est encore pis si je m’adresse à l’érudition. Au moins le bon sens me répond. Il me donne ce qu’il peut. Il me donne des mots, des apparences, de petits faits de conscience, et même des fragments de vérité. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est quelque chose. L’érudition, au contraire, ne me donne absolument rien, et elle oppose à mes instances, le silence le plus obstiné, le silence du tombeau. Je ne vois pas , en effet , ce qu’elle peut m’apprendre sur les grands v problèmes qui font le tourment et le charme de la pensée humaine , sur
LE BON SENS
Dieu , sur ma nature et sur la nature des choses en général. Si ma pensée n’a pas d’abord appris à se connaître elle-même, et dans, et par la connaissance d’elle-mcme et de ses lois, n’a pas appris à connaître la nature des choses — deux recherches inséparables, — je ne vois pas trop quelle lumière le passé peut jeter sur ces problèmes, ce passé fût-il une statue de Phidias, ou même le livre de Job, et le Cantique des Cantiques. Il me semble qu’ un entretien d’ une demi heure avec ma pensée, ou avec les maîtres de ma pensée fait entrer plus de vraie lumière dans mon ame, que de longues années passées à fouiller dans la poussière d’ une bibliothèque, ou dans les ossements d’un tombeau. Ce que l’érudition peut tout au plus m’apprendre à ce sujet, c’est, par exemple, que mon Dieu est tout aussi bien un ognon, ou un bœuf, ou un Jupiter tonnant que le Dieu des chrétiens. Aussi tout ce qui me vient de cette double source m’est-il suspect. Lorsque l’érudition et le bon sens me parlent, ou de la divine providence , on de la personnalité divine , ou d'autres sujets pareils je me défie, je prends mes précautions, et, .avant de donner ma confiance, je veux voir s’il n’y a pas là un piège qu’on tend à ma simplicité et à ma bonne foi. Car, il y a dans le son même do ces mots, bon sens, divine providence et personnalité divine, un je no sais quoi de désharmonieux qui choque mes oreilles. Il me semble comme s’il y avait là des notes discordantes qu’on a violemment unies. Et cette première impression ne fait que sc changer en certitude, lorsque je vois le sans façon , si je puis ainsi m’exprijiicr, avec lequel le bon sens traite la providence.
ET l/ ÉRUDITION
lorsque je vois , veux-je dire , le bon sens sounncttre la providence à toutes ses faiblesses, et à tous ses caprices , l’obliger à ce rejouir et ù s’attrister avec lui, à aimer ce qu’il aime, à haïr ce qu’il hait; à telle enseigne qu’il faudrait intervertir les termes do la vieille maxime qui nous apprend que l’homme est fait à l’image de Dieu, et dire que Dieu est fait à l’image de l’homme. Or , j’avoue en toute humilité que cette providence là n’est pas la mienne, et que je n’en veux point. J’ai toujours admiré, à ce sujet, et tâché de prendre pour guide le credo quia absurdum du père de l’Eglise. Comme on le voit, je reste, autant que possible , dans le giron de l’orthodoxie. Cette folie de Tertullien me plaît, et c’est à elle que j’aspire, heureux si une étincelle de sa nature divine venait éclairer et enflammer mon ame ! Dans la bouche de Tertullien c’était la folie du christianisme visà-vis du bon sens des religions et des sociétés païennes, comme avant le christianisme cette même folie avait inspiré Socrate, Platon et Aristote, et comme après le christianisme elle a inspiré Galilée, et tant d’autres; et puisque de l’aveu M. Saisset lui-même, et en général de ses adversaires , Hégel n’a pas de sens commun , il faut bien que je le place dans la catégorie de ces fous dont je viens de rappeler le nom. Et , je le demande , où en serions-nous sans cette folie? Où en serait-elle cette humanité à laquelle on ne veut accorder d’autre guide, ni d’autre lumière que le bon sens? A l’heure qu’il est, elle adorérait encore les ognons , et les bœufs , et elle verrait toujours le soleil tourner autour de la terre , pour avoir , je suppose, le plaisir qu’un nouveau Josué vînt un jour
LE BON SENS
lui dire de s’arrêter. Je suis sûr que ni l’humanité, ni les partisans du bon sens eux-mêmes ne s’accomoderaientd’un pareil état de choses. Du reste, cette espèce de folie n’est pas aussi rare qu’on le croit au premier abord. Sans parler d’Alexandre, de César, de Napoléon et d’autres qui sont eux aussi des fous à leur façon, et qu’on pourrait appeler les fous de l’action, tandis qu’on pourrait appeler les autres les fous de la pensée, il arrive un moment où les peuples eux-mêmes s'ennuient de leur bon sens, où ils s’aperçoivent que leur bon sens les leurre et les trompe, et où saisis do ce vertige, de cette folie sublime qui seule fait de grandes choses, de ce souffle divin, de cet ésprit du monde qui donne la vue aux aveugles, et qui élève et abaisse les nations, renversent et jettent aux vents leur œuvre même, l’œuvre de leur bon sens, pour lui substituer l’œuvre de la raison , ou pour faire surgir sur ses ruines une vie nouvelle, une vie plus jeune, plus riche et plus vigoureuse. Voilà mes raisons pour le peu de sympathie que m’inspirent l’érudition et le bon sens. Est-ce à dire que je les rejette, ou que je les dédaigne? On se tromperait si l’on m’attribuait une telle pensée. Je tâche de faire la part à toutes choses , car je sais que tout a sa raison d’être , tout à un rôle à jouer dans cette machine si compliquée qu’on appelle l’univers. Je sais qu’une maison est le résultat du travail combiné du manœuvre et de l’architecte, que pour arriver à l'age viril il faut passer par l’enfance, et que la grammaire est le champ où l’intelligence commence à s’exercer et où elle se préparé à ses luttes et à ses triomphes. Aussi je fais moi aussi de l’érudition; pas trop, mais j’en fais. Elle
me charme et m’instruit. Je suis ravi do passer quel* qaes instants avec le vieil Homère, où d’écouter la sagesse de Salomon , où d’assister aux colloques de .Job et du Seigneur. La sagesse de Salomon n’est pas précisément la sagesse que mon maître Hégel m’a enseignée, ni la sagesse, je crois, de César, ou de Napoléon ; ces colloques entre Job et le Seigneur troublent un peu, il est vrai, ma raison, qui n’y retrouve pas son Dieu; et, même le vieil Homère, que, par défaut de bon sens, je suppose, je préfère à Job et à Salomon, est loin do me satisfaire complètement. Mais malgré cela, je le répété, je suis ravi de m’entretenir quelques instants avec eux, et de participer ainsi, autant qu’il est en moi, à cette vie universelle qui est le privilège de notre nature. Quant au bon sens, loin de le dédaigner, ou de le regarder do mon haut, je vis, au contraire, avec lui, et dans son royaume. Et il le faut bien , puisqu’il fait partie de ma nature, et que je ne puis pas plus m’en passer, que je ne puis me passer de mes jambes, ou de mon estomac. Je vis donc dans son royaume, c’est-à-dire, dans le royaume des apparences et des illusions, où, par un étrange et fatal renversement des choses, les ombres prennent la place des réalités. J’y vis le moins que je peux, mais j’y vis. Et en y vivant, je fais plus ou moins comme les autres , c’est-à-dire, je me lève et je me couche, je ris et je pleure, je jouis et je souffre, je me moque un peu des sottises de mes semblables, ce qui ne m’empêche pas d’en commettre moimême, et cela par la simple raison que je suis leur semblable. Comme on le voit, je fais une large part à l’érudition et au bon sens. Mais c’est lorsque le
LE bon sens
manœuvre veut prendre la place de l’architecte , ou que le maître d’école se pose en Platon , ou en Démosthène ou que mon estomac veut remplir les fonctions de ma tête , c’est alors que je regimbe , et que je ne veux point de ces empiétements et de de cette confusion. Et c’est là ce qui me fait chasser du sanctuaire de la science l’érudition et le bon sens. .Je veux bien qu’on les pare de bandelettes, comme Platon en parait le poëte qu’il chassait de sa République, je veux même consentir à ce qu’ils se tiennent assis sur le seuil du sanctuarie, comme le tribun se tenait assis sur le seuil du Sénat, mais quant à les admettre dans le lieu saint, je ne puis m’y décider. J’ai peur qu’une fois admis, au lieu de célébrer les saints mystères, au lieu d’être attentifs à lavoix du grand prêtre, ils ne s’emparent du sanctuaire, et n’en chassent leurs légitimes possesseurs. Et il me semble que ces craintes sont assez justifiées par ce qui se passe. En France, il faut bien le dire, on a trop encouragé, dans ces derniers temps, ces parasites de la science. C’est si charmant , si gracieux et surtout si aisé que de parler pour ne rien dire, ou à peu près. Cela évite bien de la peine , bien des écueils et des dangers. Lorsqu’on parle au nom du sens commun, on est sûr de ne blesser personne, car tout le monde en a, ou croit en avoir. Lorsqu’on s’entretient avec les morts, ou que ce sont les morts qu’on fait parler, il y a bien moins à craindre que le bien être et la paix des vivants soient troublés. Eh bien ! on est allé si loin dans cette direction , que ceux-là mêmes qui y ont poussé, sont en ce moment débordés. Je suis sûr que M. Saisset et M. Janet
et' l’ ÉRUDITION
déplorent comme moi cet état de choses , et, dans une certaine mesure, leurs écrits mêmes m’en sont garants. Car quoique nous ne soyons pas d’accord sur bien des points, ainsi’ qu’on peut déjà le voir, il y a en on sur lequel nous nous donnons la main. C’est que nous avons tous une foi inébranlable dans la raison et la science, c’est que nous croyons qu’il y a une science absolue qui domine toutes les autres , qui éclaire et vivifie l’intelligence et sans laquelle l’intelligence ne se repaît que d’ombres vaines, ne balbutie que de sons inchoérents et vides , et ne s’entend elle-même, ni entend les objets de sa pensée. Sur ce point nous sommes d’accord. C’est quelque chose. C’est même beaucoup. Et peut-être un jour viendra-t-il où nous pourrons nous rencontrer sur ce terrain, et nous donner l’accolade fraternelle dans cet objet commun de nos amours. Quoiqu’ il en soit cet état de choses existe , et ils doivent ' entendre mieux que je ne l’entends — j’ai peur même qu’ils ne l’encouragent un peu — le bruit qui fait autour d’eux l’érudition, et ils doivent la voir lorsqu’ elle vienj, d’un air dégagé et avec le plus grand sé- ' rieux, annoncer au monde cette étonnante découverte, qu’il n’ y a point de métaphysique, que cette science souveraine qui jusqu’ici avait été l’aspiration et la marque non-seulement des plus grandes intelligences, mais de l’intelligence et de la nature humaine elle-même, n’est qu’un vain phantôrae, je me trompe, qu’elle existe, mais que c’est elle, l’érudition, et que, par conséquent, si l’on désire connaître l’origine, les principes et la nature des êtres, il n’y a qu’à bien disséquer un mot sémitique ou antre, ou qu’a fixer et décrire exacte-
LE BON SENS
ment et minutieusement le lieu où se rencontrèrent nos premiers parents, et d'autres choses semblables. J’ai voulu essayer de cette méthode, car il faut essayer de tout, et me rappelant, en même temps, un de mes maîtres, Platon , qui compare Socrate à un de ces Silènes qu’on vendait dans Athènes, et dans l’intérieur duquel se cachaient les objets les plus merveilleux, j’ai voulu voir si sous ses dehors étranges et difformes cette doctrine ne cacherait pas, elle aussi, quelque merveilleuse vérité. Je m’aperçois, que je me répète un peu; mais il faut parfois se répéter pour bien expliquer sa pensée. J’ai donc voulu voir ce qu’il y avait dans ce Silène , et je dois dire que, pour moi du moins, le Silène est resté Silène, Silène au dedans, et Silène au dehors. Voulant donner au lecteur une idée des opérations auxquelles je me suis livré à ce sujet, je choisirai un exemple. Prenons trois mots, Jupiter, Jéhovah, et Zens. Ce sont trois beaux mots. Le Dieu des Grecs , le Dieu des Uébreux et le Dieu des Romains. Maintenant, voici comment je m’y suis pris. Et d’abord, j’ai commencé par interroger ces mots. Mais j'ai vu, à mon grand étonnement, qu’ils ne répondaient à la question que par la question. Jupiter répondait Jupiter, Jéhovah, Jéhovah, et ainsi de suite, c’est-à-dire, ils ne me répondaient pas du tout. Ceci a déjà éveillé mes soupçons, car, s’il ne me répondent pas, me suis-je dit, c’est apparemment qu’ils ne peuvent pas me répondre, et moi qui les interroge, par cela même que je les interroge, j’en sais plus d’eux qu’ils n’en savent eux-mêmes. J’aurais pu m’arrêter, ou arrêter là les auteurs do cette doctrine. Mais comme il ne faut pas être trop strict
ET l’ ÉRUDITION
avec ses adversaires, j’ai fait une première concession, et j'ai continué ma recherche. Ayant d’abord interrogé, pour ainsi dire, en gros, et séparément chaque mot , j’ai voulu ensuite les interroger en détail et conjointement. Dans ce but je me suis mis a disséquer chaque mot , et à essayer ensuite , comme le chimiste, toute espèce de combinaisons , pour voir si je ne pourrais faire sortir quelque lumière de ces manipulations, et de ces amalgames. Enfin, après avoir essayé de toute espèce de combinaisons, après avoir tourmenté et torturé ces mots de toutes les manières, je suis parvenu à dégager une grande vérité. C’est que ces mots ont une racine commune. Mais ici aussi, et pendant que j’accomplissais ces opérations, cette pensée, qui s’était présentée à mon esprit dès le début, semblait me dire, et avec plus de force encore : toutes ces opérations, ces combinaisons, ces divisions , ces rapprochements , et cette réduction à l’unité , ce ne sont pas ces mots eux-mêmes , mais c’est moi pensée qui les opère, et qui les opère d’après certaines lois, lesquelles sont mes propres lois, de sorte que sans moi, ni mes lois ces mots ou ces lettres ne se seraient pas combinées d’elles mêmes , mais elles seraient demeurées complètement immobiles et muettes. Pour moi, j’étais déjcà tout-à-fait persuadé que la pensée avait raison. Mais ayant affaire à des adversaires qui , tout en se servant de la pensée, et ne pouvant avancer d’un pas sans son secours, paraissent ignorer qu’ils pensent, et qu’ils sont, avant tout, des êtres pensants , j’ai voulu faire une seconde concession, et pousser plus loin mes opérations. Voilà donc une racine, d’où doit jaillir la vérité. Quelle est cette
28 LEBOKSENS
racine, c’est ce que je ne me rappelle pas au juste en ce moment. Mais n’importe, toute racine est bonne pour l’objet que je me propose. Supposons que ce soit Je, avec lequel les Hébreux, en y ajoutant hova, ont formé Jéhova. Nous aurons ainsi trois mots, qui viendront se fondre en un seul , comme l’espèce humaine va 60 fondre dans une souche commune, qui est Adam , je suppose. Car c’est là qu’il faut en venir; c’est, veux-je dire, le Je, Adam et VEden, qu’il faut mettre en présence. Ou bien, si l’on objecte contre Adam et l’Eden, qu’on aille sur un plateau de rilimalaya , ou de l’Altaï , et qu’on mette ce mot dans la bouche d’un Pelasge , ou d’un Arien ; qu’on monte même jusqu’aux étoiles , si l’on veut ; le changement de place et d’acteurs ne changera en rien à la nature du problème.
Noua voilà donc transportés dans l’Eden, ou sur les liauts plateaux de l’Altaï, ou au centre d'une étoile, où nous devons prononcer ce mot mystérieux, qui passant ensuite de bouche en bouche à travers les siècles se transformera en Zeus , en Jupiter, en Deus etc. Je dis nous , car étant les desccndents d’Adam , que ce soit Adam , ou moi , ou un autre quelconque de mes semblables qui prononce ce mot, les conditions seront ici aussi les memes. Maintenant, je me demande si Adam, au moment où ce premier son articulé sortit de sa bouche, était un pur automate, une statue semblable à la statue de Condillac que la sensation doit venir animer, ou bien s’il était un être pensant. Or, il me semble que je vois aussi clairement que je vois ma propre existence, et comme si j'y avais été présent qu’Adam pensait. Car s’il
K T I.’KUrüITION
ne pensait pas, Jéliovah lui-même n’aurnit pas pu lui faire prongneer son nom , ou s’il était parvenu à le lui faire balbutier, Adam l’aurait balbutié comme un automate, c’est-à-dire, que le son sorti de sa bouche, ce son qui devait représenter l’Eternel lui même, n’eût pas valu le cris du perroquet, ou le rugissement du lion. Il parait donc qu’il pensait. Mais s’il pensait , c’était la même pensée qui pense en nous qui pensait en lui. C’était cette môme pensée avec le cortège des idées qui sont en elle, qui sont inséparables de sa nature, et qui, au fond, sont elles* mêmes des pensées , cette pensée qui, par la vertu qui est en elle, crée le signe, et d’un être mort fait un être vivant, et qui, par cela même qu’elle le crée et le vivifie, le corrige, le modifie, le transforme, ou l’efface lorsqu’il n’est plus apte à la représenter, c’était cette même pensée, dis-je, qui éclairait plus ou moins l’intelligence du premier homme, et qui mettait dans sa bouche les premiers sons qu’il articulait. Et lorsque le Grec ou le Romain prononçait le nom de son Dieu, que ce nom fût ou ne fût pas un dérivé de Jéhovah, ou d’un autre signe quelconque, il le prononçait parcequ’il pensait; de telle sorte que ce nom n’avait pas un sens parcequ’il dérivait de Jéhovah, mais pareeque celui qui le prononçait pensait. Voilà le résultat auquel m’a conduit cette opération, opération que j’ai d’ailleurs répétée sur d’autres sujets, sur l’art, sur la religion, sur l’histoire, et toujours avec le même résultat. Car j’ai toujours retrouvé la pensée et l’idée au bout de toutes mes recherches; et je les ai retrouvées comme les principes qui dominent tontes choses , et comme la