‹ L'Héliothérapie: Historique, Physiologie, Technique: Son Application à la Cure des BacillosesChapitre 5 sur 8 · IS · texte numérisé non relu

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tout une action caloriñique; leur pouvoir biotique est très faible.

Rayons ultra-violets. — Le spectre ultra-violet peut être décelé, soit par la plaque photographique qu'il impressionne, soit à l’aide du platino-cyanure de baryum, qui s'illumine par l'action de ce spectre.

Ces rayons ont été divisés en trois catégories, suivant leur action physiologique et leur longueur d'onde :

t° L'ultra-violet ordinaire, ayant, comme longueur d'onde, 3.000 à 4.000 angstrom (1) et doué d’un pouvoir biotique très puissant ;

2° L’ultra-violet moyen, au-dessous de 3000 angstrom, puissant bactericide dont on utilise l’action pour stériliser Veau destinée à l’alimentation;

3° L’ultra-violet éxtrème entre 2.225 et 1.000 angstrom, très actif mais peu pénétrant.

Nous conclurons avec Nogier qu'au point de vue thérapeutique, ce sont les ultra-violets ordinaires qui ont pour nous le plus grand intérêt, sans toutefois dénier aux autres longueurs d'onde toute espèce de valeur.

Action physiologique. — Les qualités actives des radiations lumineuses sont modifiées par les éléments physiques

qui nous entourent.

Leur pouvoir actinique, maximum entre 10 heures et

14 heures, se trouve diminué par le vent, l'humidité, le brouil-

(1) L'angstrom, unité de mesure de longueur d'onde égale 1/10.000° de micron.

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lard. Mais, si ce pouvoir est surtout puissant par un ciel sans nuages, Doche, d'Arcachon, n'en affirme pas moins que « l’ensoleillement n’est pas, au bord de la mer, indispensable à l’héliothérapie ».

Il en donne pour preuve les coups de soleil par temps gris et la vive lumière que l’on peut observer par le même temps sur le bord de la mer, due à la diffusion par les flots des rayons solaires incidents.

L’action la plus apparente déterminée par les radiations lumineuses se manifeste sur la peau. -

On constate d’abord un stade de vaso-dilatation, par excitabilité anormale des vaso-moteurs, et production d’un érythème dont le coup de soleil est le type. Surtout fréquent chez les gens habitués à vivre loin de la lumière crue, il donne heu à une rougeur vive avec cuisson intense, puérit et tuméfaction : œt état évolue en trois ou quatre jours et se termine par des quamations.

L'érythème solaire constitue la forme aiguë de l’insolation; la pigmentation de la peau en constitue la forme chronique, pigmentation qui a donné heu à bien des controverses quant à sa valeur thérapeutique.

Exposé progressivement à l’action du soleil, le corps se revêt d’une teinte brunâtre, prédominant aux points où la peau est peu épaisse, plis de flexion, abdomen, cou : cette coloration des tiguments est produite par un pigment qui se fixe dans la couche de Malpighi.

La nature de ce pigment est indéterminé; son apparition,

dont le soleil est le facteur principal, est aussi influencée par l'ambiance athmosphérique, au vif, froid, vent violent.

Les expériences de Bouchard (1862) démontrèrent £

1° Que les rayons chimiques interviennent presque seuls dans la formation des pigments;

2° Que, plus on se rapproche de l'ultra-violet, plus l’action sur la peau est rapide.

Leur action est-elle nuisible ou utile? Doit-on la rechercher ou l’éviter ?

Miramont de la Roquette, exclusif, affirme que la pigmentation, produite surtout par les rayons calorifiques, constitue un écran pour les rayons chimiques, les seuls physiologiquement actifs, et qu'il convient, par conséquent, de l'éviter.

Certains auteurs, Chiais, Dreyer, Wiener, Rollier, font jouer aux pigments le rôle de transformateurs de l'énergie solaire qu'ils oaptent et diffusent dans l'organisme. :

Finsen, qui a étudié de très près les phénomènes physiologiques de l'insolation, considère la pigmentation comme unprocessus de défense contre les radiations nocives et, dit-il, «en se basant sur ce fait que la pigmentation constitue une défense contre les effets des rayons chimiques, on pourra être conduit par l'observation (de la manière dont le pigment est réparti dans les tissus, à connaître la partie même qui a besoin d’être protégée. Chez l’homme, le pigment de la peau est essentiellement déposé dans les couches profondes de lépi- ::

derme; dans l’épiderme même il n’y à pas de capillaires, mais

il y en à immédiatement au-dessous dans le s/ratum capillare. Chez les animaux, les cellules pigmentaires sont plus disséminées; on peut assez souvent les rencontrer couchées le long des vaisseaux de la peau; chez les reptiles, les poissons, par exemple, on voit comme des tuyaux de cellules pigmentaires autour des vaisseaux. Il semble donc que ce soient les vaisseaux sanguins, le sang qui aient besoin de protection. »

De l'exposé de ces théories, 11 faut conclure à notre ignorance Sur le rôle exact du pigment dans notre organisme.

Mais, en se plaçant au point de vue pratique, on tend aujourd'hui à admettre

Que, si la pigmentation n'est pas de façon certaine un processus curateur, elle est au moins un phénomène favorable.

Qu'elle paraît être une sorte d'adaptation au milieu, permettant à l'organisme de prendre aux rayons solaires cœ qu’ils ont de bienfaisant, sans en ressentir les actions nocives.

Enfin, qu'elle est un indice très net de l'intensité du processus curateur et, comme le disent fort bien Destot et Joufrroy : « Il s'agit Iè de deux processus réactionnels, concours dont l’un qui se passe en surface, l’autre en profondeur. Lorsque le premier manque, il y a des chances pour que la défense en profondeur fasse également défaut. »

| Si nos téguments sont vivement imypressionnés par les rayons solaires, ceux-ci réagissent fortement aussi sur notre état général et les diverses fonctions de l'organisme.

Sans insister sur l'influence de la lumière sur notre état

moral et sur l’exubérance joyeuse des races qui vivent sous les climats ensoleillés, nous ferons remarquer leur puberté et leur vigueur précoces.

Rikli, l'apôtre de l’insolation, insiste sur l’action euphorique de la lumière : « Ce qu'il y a de plus délicieux pour l'être physique, dit-il, c'est un bain de lumière. Cet état quasi-paradisiaque suscite chez tous une étonnante sensation de bien-être, une animation et une conscience de soi supérieures. »

Et n'est-ce point là une action qu'il importe de remarquer ? L'influence du moral n’est certes pas à dédaigner, et une méthode thérapeutique qui joint à une efficacité locale une stimulation heureuse, qui gagne la confiance du malade, nous donne double bénéfice. (Aimes.)

À cette action d'ordre psychique, correspondent des modifications très nettes dans les échanges physiologiques.

Une augmentation de poids, que Revillet estime à quatre kilos par huit mois de cure. Le sang, plus riche en hémoglobine, alimenté pour ainsi dire par les radiatioss solaires, activé dans son assimilation et sa désintégration; la diurèse augmentée, plus toxique le jour que la nuit. (Bouchard.)

Enfin, le système nerveux, siège d’une sédation très nette, accompagnée de phénomènes sudatoires et d'augmentation passagère de la température avillaire.

Teis sont les bénéfices de la cure solaire.

En résumé, le soleil possède sur notre organisme une ac-

tion extrêmement puissante, dont la pigmentation est le

témoin externe, et probablement l'intermédiaire actif. Cette action, nocive dans quelques cas, est avant tout tonique et réparatrice. Si l'on y joint des propriétés bactéricides aisément constatables, nous serons en droit de conclure à la valeur éminemment thérapeutique de la cure solaire, que nous

allons maintenant étudier.

L’'Héliothérapie dans les bacilloses

« Toute tuberculose relève de l'insolation. » (Poncet et

Leriche.)

Adenite tuberculeuse

Dans les adénites tuberculeuses, l’insolation donne des résultats remarquables, le plus Souvent sans autre inter. vention. |

Dans l’adénite indurée, la cure solaire méthodique et généralisée à toute la surface du corps, fait fondre les ganglions, les mobilise, les réduit à l’état de petites tumeurs dures et soléreuses.

Seule l’ädérnite en un moment d'ouverture doit être ponctionnée, puis soumise à un traitement compressif nocturne, Joint à l’héliothérapie diurne.

L'adénite fistuiée exige des soins d’asépsie absolue. Si la sstule $uinte abondamment, on appliquera un pansement

imbibé d'alcool à 90°.

Mais, « si la sécrétion tarit, ou si elle a été peu abondante, dès l'arrivée du malade, le pansement est supprimé. La fistule est exposée à l'air et à la lumière Elle n'est recouverte d’un morceau de gaze stérilisée que pendant la nuit. De jour, pour éviter les souillures, l'orifice de la fistule est garanti par une sorte de corbeille, dont le fonds est constitué par un trerllis de fils de fer, et dont les côtés sont un simple bourrelet d'étoffe…. Ce procédé nous donne les meilleurs résultats. » (Rollier.)

Parfois, et c’est un effet remarquable de l’héliothérapie, on voit se produire l'élimination spontanée des ganglions tuberculeux : « Les ganglions sortent de leur coque fibreuse romme une noix sort de son brou, et tombent spontanément somme un fruit mûr. » (Rollier.).

Témoin le remarquable résultat ci-contre, obtenu par Raol-

lier. (Planche n° 1.)

Tuberculose du Péritoine

La cure solaire donne des résultats remarquables dans la tuberculose péritonéale.

Joubert (Province Médicale, novembre 1913) relate dixhuit guérisons ou améliorations très sensibles : Les troubles digestifs s’atténuent les premiers avec cessation des douleurs ide la diarrhéd; la température d'abaisse et l’état général s'améliore.

La forme ascitique, sans fièvre, guérit en deux ou trois

mois, mais, la forme caséeuse est plus tenace.

- Adénite cervicale fistuleuse. Elim nation spontanée au bout de trois mois de cure solaire.

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