Droysen, II, p. ni9. Voir plus haut p
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auxiliaires, Grecs et Macédoniens qui l'avaient appelé le virent arriver avec transport; ils se sentaient isolés et comme perdus. Quelques fondations éloignées tombèrent sous les coups des hordes barbares comme Alexandrie de Margiane et Héraclée de Médie '. Je serais fort étonné que les colons des provinces les plus reculées, Gédrosie ou Sogdiane, n'eussent pas bientôt, pour la plupart, disparu de * quelque manière ".
Malgré tout, il y avait, dans l'étendue de l'ancien empire perse, des contrées où l'esprit, le tempérament helléniques pouvaient rencontrer des conditions favorables : telles principalement la Mésopotamie et surtout les rives des deux grands fleuves qui la délimitaient. Des Grecs étaient à leur place le long d'une voie commerciale ; les fondations les plus durables ont dû se fixer aux bords du Tigre et de
l'Euphrate \ Vers le point où ils se rejoignent était déjà établie Babylone, capitale d'Alexandre ; un peu plus au nord fut fondée Séleucie sur le Tigre, où résida sans doute Antiochos I^^", Celle-ci représente apparemment le grand comptoir de 1' « Extrême Orient » hellénique, auquel Pline attribue de son vivant 600.000 âmes *. Babylone elle-même reçut un gros contingent de population grecque et une organisation appropriée, car on y a retrouvé un poids, inscrit
1. Pline, Hisl. nat., Vï, 47-48. D'après Polybe, X, 31, H, des colons grecs furent tués, en manière de vengeance, par les Parthes qu'assiégeait lin roi do Syrie, sans doute Antiochos lU, dans la ville de Syrinx (Zadracorta "/) .
2. Certaines agglomérations grecques, que purent constater des auteurs d'époque romaine, étaient formées de prisonniers de guerre, auxquels les rois de Perse avaient interdit de s'éloigner, et qui à la longue s'étaient résignés ; en outre elles étaient beaucoup plus rapprochées de l'Europe.
3. Noter que les dynastes de Mésène et de Characène, vers le delta do ces fleuves, frappèrent très longtemps des monnaies à légendes grecques (Ern. Babelon, Journal inter national d'archéologie numismatique, i (1898), p. 381-404, pi. IH et 10).
4. Ce chiffre semble vraiment un peu gros ; la ville n'avait de débouché commode que sur le golfe Persique. On a découvert dans ses ruines une tète de marbre, de médiocre travail, acquise en 1911 par le Musée de Bruxelles, et qui semble celle d'un stéphanéphore (Fr. Cumont. Catalogue des sculptures et inscriptions antiques tîes Musées royaux du Cinquantenaire 2« édit., Bru.velles, 1913, p. 467, n»3G).
l'HRLÎ.ÉNISME en perse après ALEXANDRE
au nom d'un agoranome, du temps des Arsacides \ Une des très rares inscriptions grecques provenant de cette ville - nous donne le palmarès de la distribution des prix d'un gymnase babylonien en 109 avant notre ère. Suse, qui communiquait également sans peine avec l'Océan Indien, se vit appeler Séleucie de l'Elaios ^ Donc toutes les Antioches, les Alexandries, les Séleucies, etc., ne sont pas des cités constituées de toutes pièces ; d'habitude, on leur aura imposé une colonie d'Occidentaux et des institutions \ grecques \ Un décret d'Antioche de Perse (205 av. J.-C.) \ nous est conservé par une inscription de Magnésie du Méandre ' ; on y voit en action une boulé et une ekklésia, un secrétaire et des prytanes, en un mot les rouages ordinaires de la cité. Magnésie avait convié les villes d'Asie les
plus lointaines à reconnaître comme panhellénique sa fête
d'Artémis Leukophryéné ; cette Antioche donna son adhésion cordiale en rappelant les anciennes relations entre les deux villes. En effet, à la demande d'Antiochos Soter, désireux d'accroître la ville qui portait son nom. Magnésie, comme plusieurs cités d'Ionie, avait envoyé à Antioche un contingent de colons supplémentaires « nombreux et
1. Albert Dumont, Bulletin de VAssoc. pour l'encourag. des études grecques, IV (1870), p. 40 sif. (= Mélanges d'archéologie et d'épigraphie. Paris, 189i>, p. i:U S(i.). A cette date, Dumont suggérait une étude de la colonie grecque de Babylone ; même aujourd'hui elle serait prématurée.
2. B. Haussoullier, Klio, IX (1909), p. 352-363 ; cf. du même, Mélanoes Perrot, Paris. 1903, p. 155-159.
3. Mélanges Perrot, p. 157. Cf. Koldewey, Babylon (1913) p. 293.
4. Hes tablettes chaldéennes contiennent des listes de noms grecs en cunéiforme, alternant parfois avec des noms assyriens. Doit-on, avec Alb. Dumont {lo . cit.), conclure à la « fusion des deux races» ? Ce serait beaucoup dire ; on pourrait aussi bien admettre des rapports forcés. De môme expliquerait-on que le mot statère se trouve transcrit en cunéiforme ; les Séleucides auront fait prévaloir leurs systèmes mélrologiques. Un mot grec ai)paraît dans le texte assyrien d'un petit poème de Babylone (287 av. J -C), déplorant les misères dues aux rivalités entre Diadoques (J. Oppert, Compt. rend, de l'Acad. des Inscript., 1901, p. 830 846). Qu'importe? Le irancais d'aujourd'hui ne répugne pas aux termes anglais, ni l'allemand aux mots français.
•>. 0. Kern, Die Inschriften von Magnesia am Maeander, Berlin, 1900, n» 61 ; cf. 18-19; W. Dittenberger, Orientis Graeci inscriptiones selectae, -H : Haussoullier, Mélanges Perrot, p. 155; Bevan, op. cit.. I. p. 280 sq.
choisi ». Le décret montre aussi qu'Antiochos donna V ordre
à ses gouverneurs de veiller à ce que les villes les plus orientales de l'empire fissent bon accueil aux théores chargés de la requête. Et plusieurs imitèrent Magnésie. Si donc les villes ont leurs assemblées et leurs magistrats, elles n'en obéissent pas moins au souverain ; l'esprit macédonien est resté très vivace chez les Séleucides ; ce n'est pas le milieu oriental qui pouvait le rendre moins autoritaire.
Mais nous ne savons à peu près rien de la vie intérieure de tous ces centres helléniques'. Faut-il espérer mieux de l'exploration de leurs sites ? Il n'y a pas grand'chose à en attendre, vu le caractère fragile des matériaux d'usage courant, l'obstacle manifeste qu'ils opposaient à la gravure
\ et à l'affichage. On a fouillé à Nippour, au centre de l'ancienne Babylonie, et, dans les restes revenus au jour, cru reconnaître le plan d'un palais mycénien, comparable à
; Tirynthe '-. D'autres savants se sont montrés sceptiques * : ce plan n'a rien de très particulier et conviendrait tout
autant à une maison grecque ; les colonnes, faites de briques en segments de cercle, répondent aux vieilles pratiqiies locales, mais leur galbe, leurs chapiteaux font songer à une époque beaucoup plus basse : vers 250 av. J.-C, a-t-on proposé * ; ce serait donc un édifice hellénistique ^ Quelques-uns le quafifient de babylonien, ou de parthique *; encore deux hypothèses nouvelles. Il est difiîcile de moins
4. Une donnée tardive transparaît dans les actes syriaques de saint Mari, qui dut visiter Séleucie sur le Tif^re vers toO après J.-C. Les liabitants avaient conservé une gérousie. des collèges de neoi et d'éphèbes, mais, dans les choses religieuses, leur hellénisme s'était l'ait si accueillant qu'ils pratiquaient le mazdéisme. La ville fut détruite en 165 (Cf. Fr. Cumont, Revue de V Instruction publique en Belgique, XXXVl (1893), p. 373-8).
2. \V. Clarence S. Fisher, The Mycenaean Palace al Nippuv (American Journal of Arcliaeology, 2d Séries. VIII (1004), p. 403 43^.