‹ L'Hellénisation du monde antique [microform]; leçons faites à l'École des hautes études socialesChapitre 12 sur 140 · LES PEUPLES DE LA MER · texte numérisé non relu

LES PEUPLES DE LA MER

Ces peuples paraissent apparentés ou, en tous cas, alliés aux Hétéens, et c'est entraînés par le grand roi hétéen Hattousil que, vers 1280, ils se jettent sur la Syrie :

Ramsès II réussit à grand' peine à les arrêter à Qadesh, sur l'Oronte, et, dans l'énumération de ses ennemis, on voit apparaître, en dehors des trois noms cités, ceux des Masa, des llioam, des Pidasa, des Girgasha et des Dardana.

11 est difficile de ne pas rapprocher ces noms de ceux des Mysiens et des Dardaniens, des villes mysiennes ou cariennes de Gergis et de Gargara, de Pédasos et de Pédasa, des Gergines de Chypre, des Gergithes et d'IUon en Troade. A ces noms s'ajoutent, en 1220, les Akdiouasha et les Toursha, quand, sous Mernephtah, les Libyens et leurs alliés marchent sur Memphis; en 1190, quand les Philistins envahissent la Palestine à laquelle ils ont laissé leur nom, les Danaouna. Ouashasha et Tchakara apparaissent à leur tour, et les Tchakara devaient être établis depuis le xiii« siècle en Asie si on leur attribue les noms seigneuriaux en Tarku qui persistèrent on Cilicio où les Grecs en firent tarkos ou Teukros, et qui, en Etrurie, devinrent les Tar-

quins de Tarquinies. Voici donc entrés dans l'histoire les Teukriens et Gergithes de Troade et de Chypre, les Tyrscnes de THellespont, de Lydie et d'Etrurio, les gens d'Assos en Mysie et de Ouassos en Carie, enfin les Danaens et les Achéens d'Homère. Une vingtaine d'années plus tard (v. 1170), .Mita de Mouski, en qui l'on s'accorde à voir le

été publiés dans SCS trois volumes. Mycènes (1879), Tinjnthe {im), lUon (18811) et dont l'élude critique se trouve dans K. 8chuchhardt, SclUiemanm Ausqvabunqen (1890) et H. Sclimidt, Schliemanns Sammlung im Musemn zu lierlin (190:2). Ils ont été complétés depuis, pour llion par Dorpleld, Troiaund llion (1902): pour Mycènes par Tsountas-Manatt. The myceneanaqe (1897) ; pour Tirynthe. par MuUer-RodtMuvaldt, Aimivabungen za Tiryntk (1912). Les fouilles nouvelles les plus importantes pour la brece mycénienne sont celles de Phylakopi de Mélos {Ea:cavaUo,isatPVm; ri-Lle anglaise a repris ces fouilles en 1912), d'Orchomene (Bu e,0/-c/iomenos, 1907; publ. inachevée), de Pylos (K. Muller, ^''^^l\^^f'Jl"^^^^^^ 1909), de Phocide (Sotiriadis. Rev. d. études grecques. 191->) de Thessalie (Tsountas, Dimini et Sesklo, 1908: Wace et Thompson, Prelustonc Thessatv 191V). Ces découvertes et celles de Crète ont fait projeter une reedition du volume de V Histoire de VArl dans l'antiquité de G. Perrot, consacre à VArt mycénien (VH. 18S4).

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premier des Midas phrygiens, vient, à travers l'empire hétéen disloqué, se heurter en Gommagène aux armées assyriennes qui l'empêcheront seules de passer le Taurus. Si les descendants des Mouski s'arrêtent au pied du Caucase où les Grecs les connaîtront sous les noms de Mosques ou de Mossynœques, dans un dernier remous de cette grande invasion, qui doit dater du x^ siècle, les Arméniens s'étabhront au pied de l'Ararat, entre l'Euxin et la Caspienne enlevant le vieil Ourartou (Ararat) à la culture sémitique et formant l'anneau où se soudera pour des siècles la double chaîne des Aryehs ; les Gréco- Phrygiens à l'ouest les Iraniens à l'est. La culture aryenne se prépare à disputer l'Orient à celle de l'Elam et de la Chaldée '.

Ce vaste mouvement de peuples, qui a brisé la puissance hétéenne et menacé l'Assyrie et l'Egvpte, paraît dû à la poussée des Aryens, non plus ceux du rameau indo-iranien, arrêtés au nord de la Perse, et qui ne reprendront leur essor conquérant qu'avec les Mèdes de Déjocès et les Perses de Cyrus, mais ceux du rameau thraco-phrygien qui ont dû, dès le xve siècle, s'étendre à travers les Balkans, de la steppe russe à la puzta hongroise.

Sous la pression d'autres peuples apparentés, sans doute les Ombro-Celtes d'une part, les Scytho-Gètes de l'autre. ces Aryens, partis du bas Danube et de la Russie méridionale, ont dû descendre vers le sud. Les grands fleuves qui tom-

1. Cette importance des In.lo-Kuropéens en Asie Mineure dès lanrcmiére

Zt flvntr'T "•' '"""T' t'f ,--'- P- " P- par les dieu S ■le U dynd-ste cosseenne de Babvlone (v. noO-IteO), par les tablettes égyptiennes d Kl An.arna (v. 1400-1350). et par les t«l leltos laotiennes de

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and Heriunfl dev Indogermanen mi) : pour la question ,1e l'apparition

9>9ue 1910, I, p. 1-6., et de L Anlhropoloçiie, mi, p. i07-10. Après n'avoir ongtemps voulu voir ,,ue les Sémites en Asie, on exagère dé|i 'e r°le des Indo-Europeens (voir A. R. Revu, d'ethnogr. et de sociol.. 1913 p 296)

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