‹ L'Hellénisation du monde antique [microform]; leçons faites à l'École des hautes études socialesChapitre 13 sur 140 · LES PEUPLES DE LA MER · texte numérisé non relu

LES PEUPLES DE LA MER

bent des Balkans les menaient vite à la mer. Là, ils ont du se diviser comme le feront plus tard les Celtes. Les Achéens paraissent avoir, dès 1300, conquis la Thessalie sur la population primitive qu'ils trouvaient encore en plein âge de pierre et dont leurs légendes firent les Centaures, hommeschevaux ou les Dryopes, hommes-chênes, les Cyclopes à un œil ou les Géants à cent bras. En même temps, Canens et Lydiens, Doliones et Mygdones, Tyrsènes et Gergithes, Pisidiens et Lyciens devaient envahir l'Asie Mineure : de part et d'autre, les indigènes, Pélasges ou Lélèges, étaient

soumis ou chassés. „„ n

Le second ban des envahisseurs qui passèrent 1 Hellespont, probablement au début du xii» siècle, est celui des Phrygiens entraînant avec eux Bithyniens, Teukriens, Mvsiens, poussant en avant-garde Méoniens au sud, Paphlagoniens, Mariandynes, enfin, on l'a vu. Arméniens vers le nord-est. Par un transfert caractéristique, la légende veut que le Thessalien Phrixos, — que son nom met en rapport avec Plirvx, l'époque des Phrygiens, - ait laisse ses trésors à Pitvé, sur la côte hellespontique de la Troade, avant de transporter la toison d'or à Aia en Colchide. Les traditions s'accordent avec l'onomastique pour étendre de la Macédoine au Danube et, peut-être, au Volga, l'aire que ces peuples occupaient avant d'avoir passé en Asie. Les Phrygien: restés en Macédoine y sont appelés Bryges et on se souvenait que les ancêtres de Midas avaient régné dans la Mygdonie macédonienne ; les Bithyniens se rappelaient être venus des bords du Strymon ; les Mysiens ont laissé leur nom à la Mœsie où V Iliade les connaît ; elle les associe d'une part avec les Phrygiens, de l'autre avec les Thraces et avec deux peuplades mythiques, les Hippémolges, buveurs de vaourt « qui traient leurs juments » et les Abiens, « les plus justes des hommes » ; Sardes et Tralles doivent sans doute 'eur nom aux Tralliens et aux Serdes de Thrace; les Dardaniens sont connus en Macédoine comme en Troade ; des Mygdoniens au-dessus de la Chalcidique et au-dessus de Cyzique; Kébrêné voisine d'Ilion, Astakos

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i/hELLÊNISAJION du MONDK ANTIgUK

près du Bosphore, la source Artakié de Gyzique et l'O

et des Odryses dont le gros resta en Thraco Chez leTrZ knens ou Troyens, celle de ces peuplades ^^^Z donna son nom à la Troade, certains des hérosT pîu connus laissent retrouver leur origine en ThraTe Enle eponyn^e des Ainéades de Dardanie'vientdelX d'Ados

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Il suffît de citer ces quelques faits pour bien établir le caractère propre de ce qui, dans cette vaL n^CJ^n^^^

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LKS THRACO-PHRYCilKNS

a appelée avec tant de raison celle des Peuples de la mer, intéresse le plus la Grèce : Tinvasion indo-européenne a introduit, en Anatolie et sur tout le pourtour de la mer Egée, des populations, sinon de même sang, du moins similaires de croyances et de coutumes. Elle les aurait lancées au delà de l'Egée, jusqu'à la mer Tyrrhénienne, si l'on voit dans les Sicules de Sicile, dans les Sardes et les lliens de Sardaigne, enfin et surtout dans les Tyrsènes d'Etrurie les dernières bandes des Shagalasha, Shardana, Iliona et Toursha, qui auraient atteint vers le xi^ siècle

leur siège définitif. Quoiqu'il en soit de cette extension possible, à l'Ouest de la Grèce, de populations qui ont pu être en contact avec les Achéo-Phrygiens, pour nous borner à la mer qui baigne la Grèce à l'Est, il suflîra que telle partie de son bassin devienne maintenant le théâtre d'une civilisation plus brillante pour qu'elle trouve aussitôt, tout autour d'elle, un terrain d'expansion tout préparé. L'hellénisation de l'Asie Mineure est dès lors en germe comme celle même de l'Occident qui donnera la civilisation gréco-romaine.

Ainsi, dans cette phase décisive de l'histoire de la formation du monde grec, on voit se confirmer ce qui s'est ébauché lors de l'expansion minoenne. Que le centre de diffusion soit au Sud ou qu'il soit au Nord de la mer Egée, il agit également sur ses deux rives ; des populations apparentées s'y établissent, des civilisations semblables s'y développent. La mer, ici, ne sépare pas : elle unit. Dès le début, elle paraît bien ce qu'elle demeurera à travers l'histoire, un lac grec. Le fond de la population anatolienne, noyau de l'Islam ottoman, est resté formé parles descendants de ces peuplades indo-européennes qui ont envahi TAnatolie du xvi^ au xii^ siècle, superposées ou juxtaposées à des peuples caucasiens. De part et d'autre, le fond ethnique est le même et rien ne ressemble plus à un Kurde qu'un Albanais, à un paysan des vallées fluviales d'Anatolie qu'un riverain des grands cours d'eau macédoniens; d'ailleurs, la nature semble avoir comme à regret séparé le plateau balkanique du plateau anatolien. Non seulement

•''hellénisation du monde antique elle n'a mis entre eux que ces deux faibles coupures Bosphore, qu. devrait son nom à ce que les bœufs le traversaient comme un simple cours d'eau, et Hellespont, dont le bélier d Hel e dans la légende, les amours d'Héro et de Léandre dans la poésie, ont immortalisé le facile passage; mais là ou les deux continents s'écartaient, elle les a reliés par „n

essaim d'îJes, l'Archipel. ^

Ce caractère unique, - est-il besoin de le redire ? - la mer Egée le doit à ce réseau d'îles jeté, comme un filet à mailles souples, d'Europe en Asie. C'est d'Ile en île que es manns crétois ont dû porter leurs produits ; les Achéen von reprendre le même chemin en une direction différente

Peuple continental de charriers et de lanciers, il a dû commencer par se méfier de la mer, l'élément trompent SI longtemps inconnu. Il s'est d'abord affermi en Thessalie

le Xde'ro. "' '"''T'Z ''''''' P''''"^^ -î- circonscrivent le P nde, 1 Olympe et l'Othrys. Leur hégémonie ne s'est etabhe que peu à peu sur le restant de la Grèce ; au deS des Ihermopyles, ils ont poussé les Abantes en Eubée les Locriens et les Phocidiens contre les Dryopes, les Min^en

l'ArgideEn"""' '/''''"' ''^"'^"^' ^'« «"* ^"-^i 1 Argohde. En même temps que par l'Est, ils abordaient le

Peloponese par l'Ouest : par les Kourètes, maîtres d ^Ache oos, ils passaient dans la future Achaie et, contournant lArcadie, allaient rejoindre en Laconie les bandes venues d'Argolide. Parvenus à la pointe méridional de

grande île voisine de Crète dont le renom de richesse

croire qu ils s en étaient rendus maîtres dès le milieu d,. xnie siècle ; c'est à eux qu'on attribue la destruction^ "e de' reconstruction partielle qu'on constate alors dans la du! part des palais crétois et, pour coopérer vers 1220 avec les

Crète dont les marins connaissaient de longue date les côtes

LES ACHÉO-ÉOLIENS

de Libye. Un siècle plus tard on trouve des Achéens et des Teukriens établis à Chypre *.

A la même époque, vers 1100, le mouvement naturel qui portait les Achéens vers la mer allait être accentué : une nouvelle migration, qui s'opérait celle-ci chez les popu-

hitions illyrionnes le long do l'Adriatique, en même temps

qu'eUe amenait dans l'ouest Epirotes et Molosses, Acarniens et Etoliens à leurs places historiques, jetait les Thessaliens au delà du Pinde. Sous leur pression, les Achéens se concentrèrent bientôt sur la mer entre le golfe Pagasétique et le golfe Maliaque, en Phthiotide ; une partie de la population de ce district, les Béotiens d'Arné, alla donner son nom à la Béotie. Gomme les Achéens de l'Elide chassés par une des peuplades étoHennes, les Epéens, passèrent l'Adriatique, da même les Achéens de Phthiotide, talonnés par les Thessaliens, se lancèrent à travers les iles vers les côtes de Mysie (v. 1100). Mais, de part et d'autre, vers ritahe comme vers l'Asie, ce n'est plus tant une migration confuse qu'une colonisation délibérée qui, si elle est encore hâtive et, surtout, plus guerrière que commerciale, n'en est pas moins la première colonisation hellénique ^

C'est entre 1100 et 900 que se développe le dernier mou-

I . Malgré la lumière jetée par les fouilles citées à la note de la p. 9, la question du peuplement de la Grèce est encore des plus obscures. Toutes les traditions antiques sont recuillies dans les grandes histoires de la Grèce de Grote (trad. fr.. I80O) et de Curtius (trad. lr.,188o). Les résultats des découvertes archéologi([ues et philologiques sont mis en œuvre dans la Griechische Gesckichle de Busolt (1, 2« éd.. 1883) et dans celle de Beloch {I, 2<» éd., 1912), plus encore dans les ouvrages illustrés de Uall, Oldest civilisation in (ireece (19U1) et de Ridgeway, Earlu arje of Greece {\'30i). Sur la question de la race, les anthropologues sont loin d'être d'accord : sur les vues de Kiessling (Zf. f. Elhnologie, 190:i) et de Penka (Beitmege zur Rassenkunde,

4910 , voir A. R. Revue d'e/hnogr. et de social. , 1913, p. 293. Pour la question des Pélasges, voir idem, 1909, p. 311, [Ihsfoire de la question pélasgique de Myres. Pélasgika de Thômopoulos). — Un des faits les mieux mis en lumière est celui de rimportance de la Thessalie et de la Béotie dans la Grèce achéenne. Beaucoup des vues émises par K. 0. Muller, Orchomenos und die Minyer (1820) se trouvent confirmées par les travaux récents : cf. T. \V. Allen, Classical Review, XX, p. 197 et Class. Quarterly, m, p. 81 : 0. Kern. Neue Jahrbucher, 1904 et D. Fimmen, ibid., 1912.

i/hkllknisation dl monde antique

ILLYHIENS ET DORIENS

tS.

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