Xénophane, Fragm.'i Bergk, II
3. Pour Samos voir L. Burchner, Das ioniscke Samos (Munich, 1896), E. K. Cole, The Samos of Herodolus (Ya-le University, 1912); pour les monuments de Samos au vi« siècle, L. Gurtius, Ath. Milteilungen, XXXI ; les fouilles de P. Girard à THéraion viennent d'être reprises par les Allemands qui ont publié en 1912 un premier Rapport (Académie de Berlin).
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que nous appelons aujourd'hui un empire colonial. C'était en général par l'initiative privée et non par la volonté de l'Etat que se fondaient les cités nouvelles. Aux vaisseaux qui partaient à l'aventure, la métropole ne fournissait que le feu sacré et le prêtre chargé de veiller sur lui. Seul, le lien religieux rattachait étroitement et pour toujours
les émigrés à leur ancienne patrie. La colonie ne devait à celle-ci ni obéissance, ni soutien. En général, la communauté d'intérêts, de langue et de croyances maintenait de l'une à l'autre la bonne entente et l'amitié, mais à la condition que la métropole respectât l'autonomie des colons. Dans un discours où sont nettement définis les droits et les devoirs des colonies vis-à-vis de la cité mère, Thucydide fait dire ces mots aux Gorcyréens : « Lorsqu'on quitte le sol natal on ne devient pas l'esclave de ceux qu'on laisse derrière soi ; on demeure leur égal i. »
Cet esprit d'indépendance put être dans quelques cas fatal aux colonies grecques ; dans beaucoup d'autres il causa leur prospérité et hâta sur les rivages orientaux l'expansion de l'hellénisme. Chaque ville fondée, réduite à ses seules forces, ne pouvait subsister que par des initiatives nouvelles. Souvent elle devenait fondatrice à son
tour, lançait ses vaisseaux vers d'autres conquêtes. Sinope
fut de bonne heure une autre Milet. Avec les bois des forêts pontiques, qui faisaient sa principale richesse, elle arma des flottes neuves et peupla de ses marins toutes les côtes du voisinage. Les dernières en date des colonies et les plus lointaines poussaient ainsi leurs courses plus avant que les précédentes, se subsituant à elles dans la tâche d'étendre toujours plus loin le domaine maritime de la race. Comme le flambeau des Lampadodromes, elles se transmettaient de l'une à l'autre le feu sacré de la mère patrie pour le porter vers des terres nouvelles.
G. Leroux,
ANCIEN MEMBRE DE l'ÉCOLE d'atHÈNES MAITRE DE CONFÉRENCES A LA FACULTE DES LETTRES DE l'université DE BORDEAUX.