A CULTURE HELLÉNIQUE EN SICILE ET EN GRANDE GRÈCE 13J
Ibykos paraissent avoir passé une partie de leur vie en lonie ce n est là qu'un indice de plus des étroits rapports en re les deux Grèces d'Orient et d'Occident ; car, en reC
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Ce sont des poètes pareillement étrangers de naissance a la Sicile, qui ont illustré les règnes de Gélon et d'Hiéron de Theron et d'Anaxilas, en chantant et leurs succès sur les barbares et surtout, les nombreuses victoires remportées
de KeW5Î8'r,r^ ^'"" panhelleniques : Simonide
de Keos (558-468) et son neveu Bacchyhde, surtout Pindare qui, s II ne passa que peu d'années en Sicile (v. 476-4) n'en a pas moins consacré à des vainqueurs de Sicile ou de Grande Grèce vingt de ses quarante- quatre épinikia. G'est pour les fêtes extraordinaires données à l'occasion de la fondation de
lire!' Tl' 1 P^'^ ^" ''^''^' ^"^ ^^'^'^ P^^^ît avoir aue pL^^^ I ' "'^^ '"P^" '' ^"^ ^^ ^'^^ temps
et l^hf 4 ' T^''' P'"'* '^ circonstance ses Etnéennes
aL anrÏ/r V?"'^^ '^ ^^"^^ ^" ''^ P^^ --- trois an ap es a Gela. Les anciens remarquaient dans ses œuvres
du grec de Sicile dans son vocabulaire : ..> utigue Sicalas dit de lui Macrobe. Mais le représentant le pluslthentique du génie sicihen est Epicharnie (v. 540-460). Bien que venu de Kos (sans doute en 493), nul ne sut mieux comprendre et rendre en ses petites comédies l'esprit du Gréco-Italien qui est resté celui de Naples et de Palerme. C'est sur le modèle des « bouffes » qu'on n'a pas cessé d'v jouer qu'il faut nous représenter ses comédies: d'une mali;e plus pétillante que mordante, d'une plaisanterie qui peut être grasse mais qui n'est jamais grosse, elles sont pleines de traits vifs et de formules heureuses qui dessinent un caractère, caractérisent une situation et en tirent la moralité. Ces comédies paraissent avoir été mêlées de danses accompagnees de chants, et Sophron de Syracuse, continuateur d Epicharme et devancier de Théocrite et d'Hérondas en développant leur côté réaliste et en les réduisant à de petits
tableaux de vie, créa le mime tel que l'ont compris les anciens : mimes et danseurs siciliens étaient si réputés qu'ils voyageaient par troupes dans le monde grec ; Socrate les voyait débarquer au Pirée comme nous y voyons arriver de l'Italie du Sud les « tarentelles ».
C'est en Sicile que la rhétorique et la sophistique se sont développées d'abord, dans une alliance caractéristique. Les noms de Korax de Syracuse, de son fils Tisias et de l'élève de celui-ci, le célèbre Léontinien Gorgias, sont restés attachés à ces deux disciplines qu'ils sont venus enseigner en Grèce : par là au moins, les innombrables procès nés des dissensions civiles ont profité à la culture en donnant
des règles précises à l'art oratoire et, surtout, à l'éloquence judiciaire. Un Lysias comme un Platon se vantaient d'avoir été les élèves de Gorgias.
Enfin, l'histoire n'est pas restée en Sicile en arrière des autres genres httéraires : Hippys de Rhégion paraît avoir été utilisé par Hérodote et Antiochos de Syracuse par Thucydide.
Le développement des arts a été parallèle à celui des
lettres. Si le vii^ siècle semble s'être contenté de temples en bois ou en tuf décorés par des terres cuites vivement coloriées, le vi® siècle a commencé à construire ces immenses temples en marbre qui, à Sélinonte, à Agrigente, à Paestum, ont bravé les siècles. Ces ruines imposantes sont présentes à toutes les mémoires- et nous ne pouvons ici qu'appeler l'attention sur les trois caractères qui semblent le plus dignes d'être retenus pour comprendre ce que fut l'hellé-
nismeoccidental.C'estd'abordrénormité^chaquecité— ayec
une émulation qui caractérise bien un « nouveau monde » — cherchant à faire plus grand que la voisine et, dans chaque cité même, chaque époque cherchant à dépasser celle qui
4. La justification des faits résumés ici so trouvera dans toutes les grandes histoires de la littérature grecque. Je ne signale en dehors i\ue deux ouvrages: pour la lyrique M. Mancuso, La linca classicaqrecain Sicilia e nefla Magna Grecla (1-U2), pour la comédie H. Reisch, l)er Mimus (11»03).
2. Il sullit aussi de rappeler l'ouvrage fondamental : Koldewey et Puchstein. Die qriechiscken Tempel in Unteriiulien und Sicilien (i^t^'J).