‹ L'Hellénisation du monde antique [microform]; leçons faites à l'École des hautes études socialesChapitre 9 sur 140 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

surable désastre pour l'hellénisme. Non seulement il s'éloigne chaque jour de l'unification pour se disperser en luttes stériles, en efforts incohérents et antagonistes ; mais le barbare en profite ; en 409, Carthage réédifie son empire sicilien sur les ruines fumantes d'Himère et de Sélinonte ; en Grèce, c'est le grand roi désormais qui fait à son gré la paix et la guerre. Pendant tout un demi-siècle, en soutenant tour à tour Sparte et Athènes, il a sauvé son empire dont Xénophon, en 401, Agé-

silas, en 895, ont montré toute la faiblesse.

Sans doute, tandis que, liguée moitié autour de Sparte, moitié autour de Thèbes, la Grèce s'épuise en querelles intestines, Athènes, — grâce aux grands stratèges, les Timothée, les Chabrias, les Iphicrate, — reconstitue son empire maritime dans l'Archipel et le Pont; sans doute, les deux Denys de Syracuse tiennent tête victorieusement aux Carthaginois en Sicile et étendent leur empire en Italie. Maisce ne sont plus desguerres nationales; les politiques ou les mercenaires qui les dirigent sont toujours prêts à sacrifiera leurs intérêts personnels ceux de l'hellénisme. Si cette époque est encore grande pour l'hellénisme, c'est moins à son action politique que cette grandeur est due qu'à son expansion économique, artistique, intellectuelle. C'est au IV* siècle que, débordant des colonies grecques, l'hellénisme s'étend et s'affermit chez ceux que l'on appelait jusqu'alors indistinctement les « barbares ». Des côtes ligures et des côtes scythiques, l'hellénisme monte vers le Nord ; en Italie, au contact delà Grande Grèce et de la Campanie grecque, Rome s'éveille ; surtout, dans les Balkans, la Macédoine, jusque-là tenue pour barbare, se prépare, grâce au génie de Philippe, à

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