HELLÈNES ET INFLUENCES HELLÉNIQUES EN PERSE
tiné à un Grec de ces contrées ? Peu probablement ; un Babylonien vrai pouvait plus aisément, sans se rendre suspect, porter un cachet de type non indigène.
Les Achéménides, plus encore, ont pu connaître les Grecs, et de très près. Cette monarchie a constamment recruté des mercenaires helléniques, à qui elle se fiait plus qu'aux troupes perses et aux milices locales, et qui l'ont aidée à apaiser les révoltes sans fin des peuples conquis, puis à porter la guerre en Europe. Il y eut aussi d'innombrables délégations diplomatiques et des missions d'agents secrets ; des ambassades officielles furent souvent échangées. Sous Darius, des envoyés perses, avec Démokédès, allèrent jusqu'au sud de l'Italie '. Mais la Perse reçut de la Grèce, en particulier de Sparte et de Corinthe, d'Athènes et de Thèbes, bien plus d'ambassadeurs qu'elle ne lui en envoya. La liste en est presque inépuisable, principalement au iv^ siècle'; or on ne faisait pas un tel voyage pour quelques jours. En outre, la cour de Perse, ou le gouvernement de quelque satrape, devint l'asile choisi des réfugiés politiques : des derniers Pisistratides, d'Histiée de Milet, d'un roi de Zancle, en Sicile \ de Démarate, Thémistocle, Charidème, etc., de tous ceux que les révolutions chassaient de leurs cités '. Le Roi des rois se faisait une joie de les accueilHr et de les combler, espérant tirer d'eux quelques conseils, des renseignements utiles touchant les choses d'Europe. Hippias reçut le domaine de Sigée en Troade "' ; Darios lui dut nombre d'informations durant la première guerre persique. Après la défaite de Xerxès, des Grecs,
I. Hérodote, 1(1, 1:56-7. Cl". Km. Giaccri, Inlorno aile più aniicke f'ra la Sicilia e la Persia. dans les Sludi storici d*iv Pais, IMsa, V(l".ll:2), p. l-ii*.
2 i'errot el Chipiez. Hisloire de l'arl. Paris, V (1890), pp. 425-434; W. Judeich. Kleinasialiscke Sfudien. Unlernuchunqen zur gnech. pers. (ieschichle des IV. Ja/irhundcrts v. Ckr., Maiiiurs. 1S92. p. 5
;i. Hérodote, Vf, :23-24.
4. Mentions de transfuges dans Hérodote, VIII, ;)4, et 63, 1. Dans la formule de si-rment des houloutes d'Erytlirécs, au temps de Cimon {Corp. i7iscr. allie. , I, U). il est dit : « Je n'aeeueillerai, sans l'avis du peuple et celui des Athéniens, aucun individu s'enfuyant chez les Mèdes. »