II. — L'HELLENISME APRES ALEXANDRE DANS L'IRAN ET LA MÉSOPOTAMIE
Alexandre, on l'a vu, a voulu, a tenté une fusion entre les Grecs et ceux que les Grecs appelaient naguère les « barbares ». L'enrôlement d'une masse d'Iraniens, leur entraînement à la discipline macédonienne" sont, d'ailleurs, un indice accessoire ; cette discipline avait fait ses preuves ; et, en appelant les deux races dans ses armées, Alexandre imitait les Achéménides. Mais retenons qu'à son départ de Suse il prit soin de donner à la mère, aux filles et aux fils de Darius des maîtres de langue grecque '' ; qu'ensuite il épousa une de ces filles, maria l'autre à son ami Héphestion, et 80 généraux à 80 filles des familles princières de Perse " ; qu'enfin, encouragés par lui, 10.000 de ses soldats épousèrent des femmes du pays. Etranges ménages, certes, où personne n'entendait l'idiome de son conjoint. C'est notamment avec ces ménages mixtes que le jeune conquérant peupla ses nouvelles colonies « grecques ». Ces colonies furent très nombreuses (70, disait-on), des auteurs dignes de foi l'attestent, et éparpillées sur de vastes territoires. Nous sommes bien moins documentés sur les fondations de ses successeurs,
1. l'eiTot el Chipiez. \', p. 434. Heroiiole cependant si^'nale un seigneur perse parlant grec (IX, 16). ïhémistocle. lui. savait assez de perse au bout d'un an pour présenter sa défense en cette langue devant un consi^l royal : Plutarijue. Tkémistocle, 29, 5 ; Diodore de Sicile. XI, 57, 5.
2. Arrien, Anabase, VII, 0. 1 sq. ; cf. Droysen, op. cit., I, p. 346.