L HELLÉNISME APRÈS ALEXANDRE EN ASIE MINEURE
ce n'est point chez les Grecs qu'il trouvait accueil i, mais plutôt dans les colonies juives qui, trompées par une assonance, le rapprochaient de leur Sabaoth. Les Hellènes s'y trompaient plus encore : ils le confondaient avec Attis, Mên ou Mithra. Au vrai, dans toute cette mythologie étrangère, ils ne se reconnaissaient plus.
Que dire enfin d'un héros déconcertant, sur lequel l'attention fut attirée par des trouvailles ciliciennes " ? Que ce Sandan soit l'Héraklès assyrien, ou plutôt un personnage myth que origina're de Cilicie\ du moins les monnaies hellénistiques de Tarse le représentent complètement transformé en Héraklès grec. Malgré les noms grecs donnés un peu au hasard aux dieux indigènes, l'assimilation réelle se réduit donc à fort peu de chose.
L'œuvre propre des Séleucides, durant leur courte domination en Asie Mineure, fut la fondation de nombreuses villes, en arrière de l'antique rideau ionien, étalé le long de la côte ' ; et ces villes prirent une physionomie entièrement grecque ; mais quand Rome annexa sa province d'Asie, cette dernière seule, dans toute la péninsule, était en majeure part hellénisée ; au delà vivaient des populations très frustes, généralement organisées en clans, xa-rà xwaa;. C'est l'Empire romain qui s'est fait dans ces régions le vrai propagateur de l'hellénisme ; il était tard déjà et tout ce qu'il y put accomplir, ce fut d'étendre une sorte de vernis superficiel qui s'écailla à la longue et laissa peu de traces '".
1. A Pergame, son cullu ne l'ut introduit ([u'au coiniiioiiCL'inL'nt du 11" siècle, par l'initiative de la reine Stratonice. princesse cappadocienne. ilnscfu'iften von /'ec.7amo«,248). Sur Sabazios-Sabaolli on trouvera la bibliographie dans A. Reinach Rev. éludes juives, 1913, p. 220-:J3.
2. L. Heuzey, l.es Fragments de Tarse au Musée du Louvre [Gazelle des Beaux-Arts, 1876. Il, p. 385-io;i).
o. 0. Hôl'er, Sandas (Lexihon do Roscher, 1909).