L HELLÉNISME APRÈS ALEXANDRE EN ASIE MINEURE
Par contre, on se préoccupe du décor dans le vêtement, on détaille les broderies et surtout les franges, ornement d'origine orientale '. On multiplie à plaisir les figures ailées, qui font songer aux grands taureaux babyloniens gardant les portes des palais.
La sculpture historique supplante fréquemment l'ancienne sculpture mythologique. Or, dans l'Iran, les artistes décrivaient en relief, sur de vastes champs, des événements de la vie nationale ; on voyait à Béhistoun des files de rebelles conduits par un dieu implacable devant le souverain trônant. Pareillement, dès la fin du iv® siècle, les sarcophages déroulent des scènes de bataille, où Perses et Macédoniens sont aux prises, traités les uns et les autres dans une note réaliste. Alexandre lui-même y est représenté sous des traits qui semblent fidèles. S'il faut croire, pour les bonnes raisons exposées par M. Babelon-, que les effigies de rois et de satrapes, gravées sur les monnaies de la Perse achéménide, visent à la ressemblance individuelle, on se rappellera aussitôt qu'Alexandre eut ses artistes attitrés, peintre, graveur et statuaire, seuls admis à fixer son image, et que, désormais, le portrait en général devient un genre en vogue, appelé à la même faveur pendant toute l'époque romaine.
Enfin, dans la Grèce d'Europe, l'œuvre d'art, peinture ou sculpture, avait surtout pour but de rendre la forme humaine, et l'on ne mettait rien au-dessus de ce modèle. L'esprit asiatique est plus sensible à la flore et à la faune ; il aime le paysage ; rois et princes se délectent dans leurs M paradis », parcs et jardins ; ils s'y livrent passionnément à la chasse. Une curiosité naturaliste se fait jour précisément après la conquête macédonienne ; sur les bas-reliefs longtemps appelés alexandrins, d'une épithète trop restrictive, on voit comme peints, en arrière des personnages, des paysages rustiques, fort développés auprès de ceux qu'un arbre, à l'époque classique, suffisait à indiquer.