‹ L'Hellénisation du monde antiqueChapitre 134 sur 157 · L HELLÉNISME EN EGYPTE — LA CIVILISATION ALEXANDRINE · texte numérisé non relu

L HELLÉNISME EN EGYPTE — LA CIVILISATION ALEXANDRINE

En 332 avant notre ère, l'Egypte, alors province perse, est soumise par Alexandre ; à sa mort, elle passe au pouvoir de l'un de ses généraux, Ptolémée, fils de Lagos, qui la gouverna d'abord comme satrape, au nom de Philippe Arrhidée et d'Alexandre ^gos ; il eut, d'ailleurs, la puissance d'un véritable souverain et, en 305, il en prit le titre, fondant ainsi la dynastie des Lagides qui, durant trois siècles — jusqu'en 30 avant J.-C. — devait régner sur l'Egypte devenue un royaume grec. Bien avant ces dates l'hellénisme était connu et florissant aux bords du Nil ; la civili-

{. BinLioGRAPiiiE. — Une bibliographie complète du sujet tiendrait trop de place, car il faudrait enuniérer presque tout ce qui a été écrit sur l'Egypte grecque : on trouvera l'indication de ces ouvrages en tète de chaque chapitre des Grundzitge u. Chrefilomalhie der Papyruskunde. de L. iMittcis et U. Wilcken, 2 tomes en quatre parties, 8°, Leipzig, Teubner. VM-1. Je me bornerai à citer d'abord les ouvrages généraux indispensables it qui permettent de s'orienter. Ce sont ; i" Les Griuidzuçje et Chresloma/hie déjà cités. 2» Bouclié-Leclerci[. Histoire des Lagides. t. I-IV, Paris, E. Lerou.x, 1903-l'.t07. 3" G. Lumbroso. L'Egitto dei Greci e dei Romani. 2» éd.. Home, 189.). En outre, sur les points particulièrement traités ici, on peut voir 1» pour les institutions municipales, a) \V. Hchubart, Spilren poUtischer autonomie in .Egypten unter den Plolemàern, dans Klio. X, p. 47-71 ; b) Idem, Ale.iandrinisc/ie (Jrkunden ans der Zeit des Augustus, Archiv fur l'apyrusfurschiing. V. p. 35-131 ; c) P. .louguet, La cie municipale dans l'Egypte romaine, Paris, Fonlemoing, l'Jll, particulièrementrintroduclion et le chapitr(^ II,; 2° pour les institutions militaires, J. Lesquier, les Institutions militaires sous les Lagides. Paris, E. Lerouv, l'.ld'i: '.V' pour la colonisation rural(\ M. Rostowzew, Sludien zi/r Gescliiclitedes rOmisclien Kolonafes, I Beihelt de VArcliiv fiir Papyrus/'orschang. 1910. le premier chapitre. On trouvera plusieurs renvois bibliographi((ues dans les notes. Quand j'ai cilé un recueil de papyrus, j'ai employé les abr-i'viii lions d'usage, voir U. Wilcken, Grundzuge. 1. p. XXV-XXVUl.

310 I.'hELLÉNISATION du monde ANTIUUE

sation ionienne y avait une de ses capitales, la colonie milésienne de Naukratis ; toutefois Naukratis est isolée sur ce sol étranger : c'est sans doute un état grec en terre barbare ; mais comme il n'y a pas d'Egypte grecque, il n'y a pas, à vraiment parler, d'hellénisme égyptien.

Si le temps de sa naissance est bien celui de la conquête macédonienne, la conquête romaine ne devait pas marquer l'heure de sa mort. En annexant la vallée du Nil, Octave ne l'a pas arrachée au domaine grec ; elle appartient à cette moitié orientale du monde ancien où Rome continue l'œuvre de l'hellénisme ; mais dès lors, et pour de longs siècles, l'hellénisme égyptien ne se développe plus que dans les cadres de l'Empire : c'est un autre chapitre de son histoire et que nous n'aborderons pas. Si, par exception, nous jetons un coup d'œil sur certaines institutions de cette période que la critique est parvenue à éclairer d'une lumière moins douteuse, ce sera pour y chercher un peu de cette clarté qui aidera à percer le mystère de leur origine et de leur développement antérieur.

Même ainsi limités, nous ne pourrons prétendre tracer en aussi peu de pages un tableau détaillé de l'Hellénisme en Egypte ; il faudra nous résigner à beaucoup sacrifier, à sacrifier même ce qui eût paru le plus brillant — art et littérature. — Mais serai-je infidèle à l'esprit de ces leçons sur V hellénisation du monde antique, si au lieu d'immobiliser sous notre regard cette mouvante civilisation pour en décrire trait pour trait une minutieuse image, je tente de montrer en action cette force vivante de l'hellénisme, en exposant par quels moyens elle a pu conquérir, pour plus de dix siècles, une société façonnée par près de six millénaires à une cultuure bien difîérente ?

Page 1