‹ L'Hellénisation du monde antiqueChapitre 138 sur 157 · Sur ces cités, les ouvrages mentionnés p. 308, n · texte numérisé non relu

Sur ces cités, les ouvrages mentionnés p. 308, n

1'. Cr. l'iauniann, Plolémaïs in Oberaeyypten (lltlO).

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deviennent des décrets des assemblées ; car les cités, Alexandrie peut être exceptée, à cause de sa situation de capitale, ont leurs assemblées souveraines. En somme, il n'y a rien dans les cités d'Egypte d'essentiellement différent de ce que nous trouvons dans le reste du monde grec ; que ces institutions se développent, que toutes les grandes villes deviennent des cités à l'image d'Alexandrie et de Ptolémaïs, et l'hellénisation de l'Egypte sera parfaite.

Il est remarquable que cette évolution attendue ne se soit pas produite : l'Egypte, jusqu'au ii^ siècle après J.-C, n'a jamais eu que trois cités, nombre bien insuffisant pour une population aussi dense et, bien que l'érudition ne soit pas encore arrivée à dissiper les ténèbres qui nous dérobent l'histoire postérieure de ces villes, il semble qu'elles aient vu disparaître leurs institutions les plus caractéristiques : on discute encore pour décider si Alexandrie a jamais eu de Sénat, si Ptolémaïs n'a pas perdu ses assemblées au cours du 11^ siècle, et l'on n'entend guère parler des timoiiques de Naukratis. C'est pourtant dans ces centres grecs que l'hellénisme se conserve le plus pur ; on en peut juger par les noms des habitants de Plolémaïs relevés dans les documents de l'époque impériale ' ; mais n'est-ce pas la preuve que, tandis qu'elles subissaient l'influence de l'atmosphère monarchique qui les baignait, les villes grecques contribuaient assez peu — du moins directement — à l'hellénisation du pays ; leur population ne se mêle pas à la population égyptienne, et, pour l'une d'entre elles au moins, pour Naukratis, on sait que ses citoyens ne jouissaient pas du vonuhium avec les indigènes.

C'est donc ailleurs qu'il faudra chercher les institutions militantes de l'hellénisme. Tous les Grecs n'étaient pas

sommes un peu mieux renseignés depuis qu'on en a trouvé un fragment. V. le papyrus de Halle publié par la Graeca Halensis dans Dikaiomata (Berlin, ilïi;i).

I. Voir U. Wilcken, ad. /'. I.ond., 604, Archiv fiiv l'apyrus/'orscluing. IV. p. 534 el suivantes.

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confinés dans ces trois cités, et nous trouvons en Egypte ce phénomène original : des Grecs qui ne sont pas citoyens ; on en trouve même en grand nombre à Alexandrie, au moins au I*^^ siècle ' ; on en trouve beaucoup plus, naturellement, dans la province. Gomment ces immigrés d'abord, ces descendants d'immigrés ensuite n'ont-ils pas été absorbés par les multitudes indigènes au milieu desquelles ils étaient noyés ? Ils n'avaient certes qu'un médiocre souci de maintenir la pureté de leur sang : souvent ils prenaient femme parmi les Egyptiennes, dont la beauté est si vantée dans la littérature du temps. Les conditions mômes delà vie au bord du Nil les pliaient aux coutumes millénaires ; ils labouraient la terre noire, ils l'ensemençaient, encore humide des eaux fécondantes, à la manière des fellahs ; le ciel et le sol leur imposaient leurs lois, les asservissaient tout entiers et tout autant que par les nécessités quotidiennes, par la prenante et voluptueuse douceur qui est le charme de ce merveilleux climat. S'ils sont pourtant restés Hellènes, c'est qu'ils ont demandé la force de défendre leurs traditions nationales non plus à l'exercice de leurs droits de citoyens dans une ville autonome, mais à un autre trait du caractère hellénique, au goût de l'association. Nous les voyons groupés dans certaines grandes villes en cercles à demi politiques, avec leurs assemblées et leurs magistrats, tels ces Grecs memphites qui formaient une nation à part dans l'immense capitale indigène, ayant peutêtre ses timouques à l'imitation de Naukratis -. Tels sont aussi ces groupements ethniques, comme celui des Cretois, reconnus par le pouvoir central, mais dont le siège nous est inconnu. On a supposé que l'afTdiation à ces politeiimata assurait le statut hellénique et peut-être se rattaehaienl-ils aux cités par des liens qu'on peut imaginer plus ou moins lâches •' ; à côté de ceux des Grecs il y avait ceux de peuples

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