I.KS PROCÉDÉS DE L HELLÉNISATION EN EGYPTE
Ptoléinées ont donc été forcés de recruter leur armée hellénico-jnacédonienne parmi les fils des Grecs établis en Egypte et particulièrement les fils de soldats réguliers ; au prix de certains avantages, on imposa le devoir militaire à l'un des enfants des hommes libérés ou décédés : nés souvent de mères égyptiennes, ceux-ci suivent la condition du père ; mais ils n'en ont pas moins du sang égyptien; ainsi s'atténue l'hellénisme de l'armée nationale, tandis que grâce à ces familles mixtes, il pénètre toutes les couches de la population. Alors apparaît pour le même individu la mode du double nom propre, l'un grec, l'autre égyptien et l'on peut parfois suivre de génération en génération l'histoire caractéristique de certaines familles, par exemple celle de cet officier du temps de Philométor, Dryton le Cretois, que les papyrus ont rendu célèbre \
En même temps que s'accomplissent ces transformations dans l'armée régulière, l'armée indigène accueille plus largement les Egyptiens et la distance diminue qui la séparait de l'armée hellénique. Dès le début de son règne, menacé par le Séleucide Antiochos III, Philopator demande un effort militaire nouveau à ses sujets égyptiens ; non seulement il augmente la classe des guerriers, mais il va jusqu'à enrôler des Egyptiens qui ne sont pas ntachirnoi, et, comme il a surtout besoin d'infanterie de ligne dont l'importance tactique grandit de jour en jour, il ose leur donner l'armement macédonien des phalangites. Ainsi il s'assura la victoire à la ï^anglante bataille de Raphia -'. Sans doute, après ce moment de crise, les soldats indigènes resteront confinés dans les armes moins considérées, telles que la police et les divers corps auxiliaires, mais on peut voir à certains indices que ces corps sont moins dépréciés qu'autrefois : on assiste même à des promotions qui font passer des Egyptiens dans les corps les plus estimés de
1. Sur cotte famille, voiri'u dernier lieu, <1.-A. Geriiard, Ein grûko-dgyplischer Erhsireit aus dem II. Jdhrhunderl vor Ch. dans les Sitziings/jerichte der Ueidelberfier Akademie der Wissenscltaflen, 1911. — Sur les noms f,'réco-égypliens, F^ainbertz, Glolla, VdV.i.