‹ L'Hellénisation du monde antiqueChapitre 142 sur 157 · Polybe. V · texte numérisé non relu

Polybe. V

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l'armée régulière : enfin, inversement, au i^^ siècle, on voit des Grecs dans la classe des Guerriers (naguère exclusivement égyptienne).

Pour bien mesurer la portée des événements que je viens de résumer, représentez-vous la vie de ces soldats : ils ne sont pas groupés dans des camps, comme plus tard les soldats romains, et isolés de la population civile. Sauf quelques corps détachés pour les garnisons, la garde royale et certains services spéciaux, cette armée ne ressemble pas à nos armées actives ; ce sont des troupes à la disponibilité, tixées dans le pays en colonies militaires. Mais cette institution, pour être pleinement comprise, doit être rattachée à un groupe d'institutions analogues, importantes aussi pour notre sujet, et qui sont la conséquence de la politique agraire des Lagides.

Les Ptolémées — très probablement à l'imitation des Pharaons leurs prédécesseurs — semblent s'être considérés comme les seuls propriétaires, en droit, du sol égyptien : il n'y a pas, au sens plein, de propriété privée en Egypte. On comprend dès lors comment la politique agraire des rois a pu modifier l'économie du pays tout entier et, pour rester dans les limites de notre sujet, on devine de quelles ressources ont disposé les Lagides pour fixer au sol égyptien la race hellénique ^.

On peut le diviser, ce sol, en deux grandes parties, dont nous connaissons très mal d'ailleurs l'étendue relative ; c'est d'abord le domaine royal proprement dit ; ce sont ensuite les terres concédées à titre de possessions particulières. Le domaine royal est exploité par le Roi qui l'afïerme par parcelles de superiicie variable aux fermiers du domaine : il y a bien quelques Grecs parmi eux, mais ce sont surtout des fellahs indigènes et leur condition est généralement des plus humbles ; habitant les bourgs de la chôra, ils restent sous la tutelle étroite des fonctionnaires qui surveillent la culture et maintiennent le paysan dans son vil-

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