I. — l/iNVASION D0RIENN1-: 171' LE GÉME DORIEN
Nous avons montré ce que fut la Grèce achéo-éolienne, la Grèce de V Iliade. Pour achever de constituer la Grèce historique, il faut que deux éléments nouveaux se dégagent à côté du premier : les Doriens et les Ioniens, qui finiront par absorber entre eux les Eoliens. On a déjà indiqué comment l'invasion dorienne avait poussé à la mer les Eoliens bientôt suivis des Ioniens.
Un rapide tableau de cette migration dorienne montrera ce que la Grèce historique lui doit. Descendant du Pinde, les immigrants, Thessaloi et Histiaioi, ont d'abord occupé en Thessalie les districts qui garderont leurs noms — Thessaliotide et Histiaiotide, — rejetant les Pélasgo-Eoliens vers la côte, en Perrhaibie et Magnésie, Pélasgiotide et Phthiotide ; mais, pour les usages comme pour le dialecte, le fond éolien ne tardera pas à assimiler les vainqueurs. La Thessalie ne restera pas longtemps un domaine dorien.
Continuant leur marche vers le sud, les Doriens ont repoussé vers le sud-est le trop-plein des populations conquises : aux Hellopes et Perrhaibes qui se sont établis au nord de l'Eubée, aux Dryopes qui se sont établis au sud, aux Abantes et Kourètes qui se sont établis au centre, ils ont mêlé de leurs tribus, notamment les fondateurs d'Histiaia (dont le district porte le nom de Hellopie) et ceux d'Erétrie. C'est à partir de l'invasion dorienne que prennent leur essor et
1. Pour l'invasion comme pour les institutions et coutumes des Uori. ns, tous les textes ont été réunis dans le magistral ouvrage de K. 0. Millier, Die Doribv (2 vols., 1824 ; 2° éd., 1844) qui lait toujours autorité. Tous les historiens de la Grèce ont exposé leurs idées dans leurs histoires générales ou dans des mémoires particuliers (ainsi Beloch, Rhein. Muséum, l8yO:Ed. Meyer. ihid.. 1886 et 1887; Niese, Hist. Zeitschrift. ISSD) ; au point de vue sociologique on lira avec intérêt Claudio Jannet, Les inslilutions sociales à Sparte (1876). Mais l'histoire des origines de Sparte commence seulement à se renouveler, d'une part grâce aux fouilles poursuivies par les Anglais à Sparte de 1905 à l'.tlO (voir leurs résultats dans les volumes de ces années de VAnnual of the brilish Scliool al Athens), d'autre part grâce à l'interprétation de ses institutions les plus caractéristique à la lumière de l'ethnographie comparée (voir dans ce sens les articles de M. P. Niisson, Klio, i'iit, et de H. Jeanmaire. Revue des éludes r/recrjues. 1913).