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LE THÉATRK DE LA COLONISATION EN GRANDE GRÈCE

Samnium restés plus sauvages. Il en fut de même des tribus illyriennes qui, sans doute sous la pression des Celtes qui s'établissaient en Norique et en I strie, s'ébranlèrent le long de la côte occidentale de l'Adriatique sous le nom d'Iapyges, y disséminant les mêmes toponymes qui sont connus sur la côte orientale, surtout dans la Calabre et l'Apulie, riapygie des Grecs : il y eut des Chaones, et une Pandosia près de Siris comme en Epire, Glampetia dans le Bruttium comme Clambetae en Liburnie : eux aussi ne tarderont pas à s'entendre avec les Grecs et, quelques siècles plus tard, s'uniront à eux pour résister aux Lucaniens et Bruttiens, avant-garde que les Sabelliens pousseront au sud.

A la différence des Osques et des lapyges, les -Etrusques sont arrivés par mer, déjà porteurs d'une civilisation avancée. Devant les concordances que leur onomastique, leurs mœurs et leurs cultes présentent avec ceux des populations primitives de l'Asie occidentale, on n'hésite, en effet, plus guère aujourd'hui à accepter la tradition rapportée par Hérodote qui identifie les Etrusques aux Tyrsènes et les fait venir de Lydie dans la mer Tyrrhénienne. Qu'ils aient débarqué à Adria ou devant Caere, toujours est-il que, au viii^ siècle, ils occupaient entre ces deux villes, qui marquaient les extrémités sud-ouest et nord-est de leurs possessions, un vaste territoire à travers l'Italie centrale. Bien que, sous la pression des Osques et des Ombriens, ils aient bientôt dû évacuer la vallée du Pô — où leur Felsina allait devenir la Bononia des Celtes Boïens (Bologne) — ils n'en constituaient pas moins, entre l'Apennin et le Latium, une puissante confédération d'une centaine de villes qui allait, après plusieurs siècles de pirateries réciproques — notamment des Etrusques d'Antium contre les Grecs de Gimies — s'entendre, au moment décisif, avec les Carthaginois, pour arrêter l'essor hellénique vers les mers Ligures. Mais, s'ils seront les adversaires politiques des Grecs, ils n'en contribueront pas moins puissamment à leur richesse, par leur goût du luxe ; ils feront une si

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grande consommation de vins et d'huile de Grèce et de la vaisselle dans laquelle on les servait que les vases grecs, trouvés par milliers dans leurs tombes, ont longtemps été connus sous le nom de « vases étrusques. »

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