‹ L'Hellénisation du monde antiqueChapitre 59 sur 157 · I. — LES CAUSKS DE LA VICTOIRE HELLENIQUE · texte numérisé non relu

I. — LES CAUSKS DE LA VICTOIRE HELLENIQUE

Au début du v^ siècle, si la Méditerranée n'était pas un lac grec, du moins y trouvait-on des villes grecques sur

1. Biiii.ioi.RM'HiK. — La période à lai|U(!ll(! se rappuric C(! cliapilni a éW: l'objetd'uno cludi! parliculièroinoiil détaillée dans la Griecliisclie Gesclùclile de G. Busolt, 2» partie du t. Il (IS'.lij) et l. III, I (18'J7). Elle annule tous les récits des histoires générales de la Grèce qui l'ont précédée, Grote, Curtius, llolni, Duruy ; mais on lira toujours avec prolit le t. III de la Geschichle des Allerlams de Ed. Meyer (i!)00) et le t. I de la Grieclnsche Geschichle de .1. Belocli (I8'J3): de nouvelles éd. de ces deux ouvrages sont en cours de publication. En français, un résumé original de Ihistoin; de cette période a été donné i)ar E. Cavaignac, Histoire de ianlifjuifc. Il (Athènes, ch. i-ii), HMH.

Les sources de l'histoire de celle période ont été recueillies de lai.on très prali(iue par G. F. llill, Si)i/rces [or fjreek hislory belueen tlie persian and peloponnesian wars (O.xl'ord, I'.l07). La source principale reste les livres VU-IX d'Hérodote dont une édition avec abondant commentaire a été donnée par K.-W. Macan (Londres, 1*108). Le peu (juaiiporleiit les documi'nts perses a iHé mis en leuvri' jiiir Prasek, Gesi-hiclile der Meder und Perseï- il (I'.»iU|.

presque toutes ses côtes. De la pointe orientale de Chypre, où était établie la dorienne Salamine, jusqu'à la phocéenne Mainaké en Espagne (près de Gibraltar), un cordon, tantôt serré et tantôt lâche, de colonies et de métropoles en occupait les bords. Seule la Syrie avait résisté jusqu'alors à l'hellénisme ; il faudra la nouvelle expansion du iv^ siècle et les géniales prévisions d'Alexandre et de ses successeurs, pour y fonder des cités grecques. Mais, dès le v'^ siècle, l'hellénisme avait pris assez d'extension pour se heurter en maint endroit à des puissances rivales qui n'étaient pas plus disposées à reculer devant lui qu'il ne l'était à leur céder la place. En Espagne, la ville de Mainaké était voisine et rivale de la colonie carthaginoise de Malaca ; en Corse, les Grecs établis à Alaha eurent à lutter contre les Carthaginois de Sardaigne, et, quoiqu'ils les eussent vaincus sur mer dans une bataille sanglante, ils furent obhgés finalement de se retirer devant les envahisseurs puniques pour aller fonder, sur la côte lucanienne, la ville de Véha ; à Chypre, les cités helléniques vivaient en mauvaise intelligence avec les colonies phéniciennes. Mais c'est surtout en deux points de la Méditerranée que l'antagonisme était aigu entre l'hellénisme et ses rivaux : en Sicile et en lonie.

Si, au début du v^ siècle, l'on tire une ligne qui va de Panôrme jusqu'à Agrigente, on divise la Sicile en deux parties inégales : à l'Ouest la plus petite, toute carthaginoise, sauf la petite enclave de Sélinonte ; l'autre, à l'Est, exclusivement grecque. Il est évident que la paix ne pouvait se maintenir entre les comptoirs carthaginois soutenus par une métropole toute-puissante et jalouse de maintenir sur la Méditerranée occidentale la suprématie de sa flotte, et les cités grecques gouvernées par des tyrans remuants et hardis. Des allusions de Diodore et d'Hérodote nous font supposer des luttes obscures entre Grecs et Carthaginois, luttes compliquées par l'intervention de la population indigène et qui se terminèrent, à la fin du vi^ siècle, par la destruction d'Héraclée et l'asservissement de Sélinonte'.

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