‹ L'Hellénisation du monde antiqueChapitre 66 sur 157 · Voii- P. l'tTfiri/ol. Sc/t])fe.<!yle dans klio. lîilO · texte numérisé non relu

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ISO L HELLENISATION DU MONDE ANTIQUE

activité proprement financière, et, avec l'esprit d'ingénieuse initiative qui caractérise les Athéniens, des organisations d'un caractère tout moderne ; dès le milieu du v^ siècle, des maisons de banque s'y étaient constituées.

Forte de son armée et de sa marine, riche de son commerce et de ses mines, Athènes fut pendant un demisiècle l'arbitre des destinées de la Grèce, exerçant sur certains pays une véritable domination, possédant chez les autres une grande influence. On sait quel fut le principe original de l'Empire athénien. Pour être plus à l'abri d'un nouveau retour des Orientaux, les villes grecques de la mer Egée, de la côte asiatique, de la Thrace, de la Macédoine confièrent à Athènes le soin de leur défense : elles fournissaient l'argent; Athènes, la flotte. Et, ici, l'on voit intervenir le second de ces grands hommes d'Etat qu'Athènes eut la fortune de posséder presque en même temps : ce fut Aristide qu'on chargea de déterminer le tribut de chacun des peuples alliés (478 7). Le trésor de la ligue, d'abord déposé à Délos, fut ensuite transporté à Athènes, dans le Parthénon ; la déesse Athéna devint la banquière d'une moitié du monde hellénique ; elle touchait pour la peine les intérêts, modestes en somme et bien légitimes, de 1 /60. Le tribut n'était pas excessif ; il s'élevait au début, nous dit Thucydide, à 460 talents, ce qui aurait permis l'armement et l'entretien d'une escadre de 66 trirèmes, chiffre très inférieur à celui qu'atteignait, au milieu du v^ siècle, la marine athénienne. On peut dire, en tout cas, sans risque de se tromper, qu'Athènes contribuait plus que pour sa quote-part à l'entretien de cette flotte. Les alliés y trouvaient leur profit: pour prendre un exemple, Byzance payait un tribut de 18 talents, ce qui correspondait à l'entretien de trois trirèmes à peine : on conçoit que trois trirèmes eussent été insuffisantes pour protéger, depuis le Pont-Euxin jusqu'à l'Egypte, le commerce byzantin. Et cet empire s'exerçait sans trop de violences. Après la révolte de Samos (440), qui nécessita l'envoi d'une flotte de 180 vaisseaux (à Salamine, les Athéniens n'avaient pu on fournir que 127 !), les Athéniens

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