‹ L'Hellénisation du monde antiqueChapitre 67 sur 157 · LR PREMIER EMPIRE ATHÉNIEN · texte numérisé non relu

LR PREMIER EMPIRE ATHÉNIEN

n'imposèrent à leurs alliés infidèles que le démantèlement de la ville et la cession de la flotte, avec quelques otages'.

A côté des alliés tributaires, dont l'obéissance et la fidélité étaient naturellement sujettes à caution, Périclès organisa les clérouquies. C'était là un système nouveau et original, très différent de l'ancienne colonisation. Autrefois, la colonie se développait par scissiparité, pourrait-on dire, et pouvait fort bien devenir indépendante de sa métropole, plus encore, sa rivale et son ennemie. On en vit une preuve curieuse au moment de la guerre du Péloponèse, où Epidamne se révolta contre sa métropole Corcyre, et celle-ci contre sa propre métropole, Corinthe. Le danger était beaucoup moindre avec la clérouquie. Les colons envoyés à Samos ou à Lemnos continuent à faire partie de la métropole, sont inscrits au registre des dèmes athéniens; on les appelle : la partie du peuple qui est à Imbros, à Samos (6 ofiuo; 6 sv -à;jiw) Aristophane, Platon, sont fils de clérouques établis à Egine. On voit l'avantage de ce système original, qui envoyait en différents points de l'Empire athénien des rameaux vivaces qui restaient attachés à la métropole : cette organisation robuste et centralisatrice fait penser, non plus à l'ancienne colonisation grecque, désormais inutile maintenant que l'hellénisme avait partout pénétré, mais bien à la colonisation romaine, où les colons restaient eux aussi en rapport avec la métropole et avec ses cadres.

A côté de cet empire purement athénien, les hommes d'Etat rêvaient, à Athènes, d'organisations plus vastes. Ils ont été les premiers à vouloir réaliser une sorte d'unité des cités grecques. '( Périclès, dit Plutarque, voulant inciter le peuple à de plus grands projets et à une politique plus vaste, fit rédiger un décret pour inviter les Grecs établis on tous les points de l'Europe et de l'Asie, grandes et petites villes, à envoyer à Athènes des députés qui auraient à

1. On li'ouvora les textes et inscriptions concernant cette confédération atliénienne dans l'ouvrage cité de Hill, Sources, etc., p. 14-24, etdanscelui de K. Cavaignac, p. 10 el suiv., 39 et suiv., 9i et suiv. Le même auteur, dans sa tiiése sur Le Trésor d'Alhènes il'.iOS). a retracé l'iiisloire liii;mcién" de la confédération et de sa capitale au v siècle

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délibérer au sujet des sanctuaires incendiés par les barbares, des sacrifices promis aux dieux à qui la Grèce avait demandé son salut, enfin de la sécurité de la navigation et de la pacification de la mer. ' » Comme on voit, c'étaient, en même temps que des questions d'ordre religieux, des problèmes de politique générale qui devaient être posés à ce congrès, qui d'ailleurs ne put se réunir.

Vers la même époque, une inscription d'Eleusis, si on veut la lire entre les lignes, fait pressentir le projet d'une grande communauté panhellénique qui aurait eu son centre religieux, et peut-être politique, à Eleusis ". Aucune de ces tentatives ne réussit. Sans doute la défiance de Sparte, sans parler de Corinthe et de Thèbes, entrava-t-elle toujours ces desseins. Au moins faut-il laisser à Athènes le mérite d'avoir fait la première, en Grèce, le rêve d'une Hellade unie, organisée et libre, rêve qui, s'il avait pu se réaliser, aurait peut-être changé les destinées du monde ancien.

La pensée des hommes d'Etat athéniens dépassait même les limites de la Grèce. Ils ont estimé que la république athénienne pouvait intervenir dans toutes les questions de politique méditerranéenne. Thémistocle, Cimon, Périclès, ont entretenu de véritables relations diplomatiques avec les villes de Grande Grèce et de Sicile, les roitelets de Macédoine et de Thrace, avec le Grand Roi lui-même. A vrai dire, c'était trop d'ambition, et l'échec de l'expédition d'Egypte le prouva (459-54). Inaros, un prince libyen, avait fait le rêve de conquérir l'Egypte et de la soustraire ainsi à la domination perse. Les Athéniens estimèrent qu'ils ne pouvaient rester indifférents à une pareille tentative et envoyèrent 200 vaisseaux à Inaros. L'expédition se termina par un véritable désastre, et qui aurait pu avoir pour Athènes des conséquences aussi funestes que l'aventure sicilienne et la catastrophe de Syracuse, si les circonstances avaient été les mêmes en Grèce. Mais, sans s'arrêter à l'échec, il faut savoir gré aux Athéniens d'avoir songé à une politique

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