‹ L'Hellénisation du monde antiqueChapitre 69 sur 157 · LA FORMATION DE LA MACÉDOINE · texte numérisé non relu

LA FORMATION DE LA MACÉDOINE

La période qui s'étend de la guerre du Péloponnèse à la mort de Philippe marque sinon un recul, du moins un temps d'arrêt dans l'expansion de l'hellénisme. Il faut en chercher la cause dans les divisions et les guerres que suscite la politique jalouse des cités grecques. La lutte contre la Perse n'avait pas encore pris fin que déjà les Athéniens et les Spartiates étaient aux prises. Les hostilités, momentané-

B1BM0GUA.PHIE. — Les histoires générales citées aux chapitres précédents donneront, en même temps (|ue le récit des faits, les indications nécessaires sur les sources et sur les ouvrages do seconde main. Nous n'indiquerons ((ue (jueiques livres ou articles à consulter : pour la Sicile, Holm, Geschichte Siciliens im AUerlion, t. II : iNiose, Dionysos dans le Pauly-Wissowa: — pour rionie, Judeich. Kleinasialische Sludicn (1892), Dugas, la campagne d'Agésilas en Asie Mineure (.5,95) ; Xénophon et l'anonyme d'O.vyrynchos, dans Bull. corr. lielL.XXWV (1910), p. SS-g.j : — pour le Pont, Aniirjuilcs du liosphore Cimmérien. éd. 6al. Reinach ; Brandis, Bosporos, dans le Pauly- Wissowa. t. III. p. 741 et suiv. ; Ellis H. Minns, (Ireeks and Scylhinns (l".)i:{) ; G. Perrot. le commerce des blés en Atlique au IV" siècle avant notre ère. dans Rev. histor., IV, (1877) Geniet, l'approrisionnementd'Alhènesenblé au V" et au IV' siècles, dans Biljl. de la facullé des Lettres de de Paris, X.W, p. 209-391 ; — pour la Thrace, Hœck, de rébus ah Al lie ni en si bus in Thracia et in l'onto ab anno S78 usque ad annum SSS gestis: Ho'c/ir, das Odrysenreick in Thrakien im f'tinften und vierten Jahrlunidert v. Clir . dans Hermès, XXVI (1891), p. 7(5 et suiv. : Foucarl, les Athéniens dans la Cliersonése de Thrace au IV» siècle, dans Mém. de l'Académie des Insc. et Belles- Lettres XXXVlii. 2, p. 8:{ et suiv. : — pour la politi(|ue alliéniimne, Busolt, das Zireitp alhenische fiund und die auf der Autonomie beruhende hellenische l'olilik ron der Schlar/il bci kniitos bis zuin l'rteden des Euboulos, dans Jahrh. f. cl. l'hilol.. VII, SuppI . hand, p. 641-8t)(); J. Belocli. Die altische Volitik seil l'erikles (1884) : Sciiiiler, Deiuosthenes und seine Zeit (3 vois, 1836-8).

156 i/hkm.énisation du monde antique

ment suspendues en 445, reprenaient en 431 et ne devaient cesser en 404 qu'avec la ruine d'Athènes. Les villes limitent au monde grec leurs préoccupations et oublient les Barbares : Alcibiade sans doute, pour entraîner les Athéniens en Sicile, leur laisse entrevoir dans un avenir éloigné la conquête de Garthage i, mais l'attaque est dirigée d'abord et surtout contre Syracuse, alliée de Sparte. Les ennemis de l'hellénisme, à l'ouest comme à l'est, peuvent reprendre l'offensive. En Sicile, les Carthaginois, appelés par les Ségestains, s'emparent de Sélinonte (409), d'Himère, d'Agrigente (406) ; l'île est menacée à nouveau de devenir tout entière carthaginoise. En Orient, la Perse rentre en scène; Alcibiade, en sollicitant les secours des satrapes d'Asie Mineure, leur permet d'intervenir dans les affaires de la Grèce ; dès lors, le Grand Roi va se poser en arbitre entre des adversaires qui se disputent son alliance et plus encore ses subsides ; s'il ne prétend plus conquérir la Grèce, il travaille du moins, par une savante politique de bascule, à maintenir toutes les cités dans un état d'égale impuissance. Ainsi la guerre du Péloponnèse arrête les progrès de l'hellénisme. Pendant la première moitié du quatrième siècle, les Grecs, malgré de brillants épisodes, restent sur leurs positions ; il y a peu de points où nous puissions voir reculer devant eux le monde barbare.

I. — LE SECOND EMPIRE 8YRACUSA1N ET LA FIN DE L'HÉGÉMONIE GRECQUE EN OCCIDENT

Syracuse avait, avec Gélon et Hiéron, fait triompher l'hellénisme en Sicile ; c'est elle encore qui organise la défense contre Garthage, et, en assumant cette tâche, elle mérite de redevenir la capitale du monde grec occidental. En face de l'ennemi, les Syracusains sentent la nécessité de se donner un chef : Denys se fait accepter comme tyran (405 à 367).

Denys arrête les progrès de Garthage, mais sans jamais

Page 1