Thucyd., 11,29; cf. Xénoph., Anab., VII
2. Voir en dernier lieu sur cette question Lelimann-Haupt dans Einleitunq in die Altevturnwissenscha/'t, III (l'Jl^) p. US et Gavaignac, op. cil.., p. 437-53.
LA MACÉDOINE, NOUVELLE PUISSANCE HELLÉNIQUE 16r>
gyrique, véritable manifeste du parti panhelléniqiie. Les cités, en luttant les unes contre les autres, négligent la guerre nationale, la lutte contre les Perses ; c'est la discorde des Grecs qui fait la force du Grand Roi. « Si des étrangers voyaient ce qui se passe parmi nous, ils nous déclareraient les uns et les autres atteints d'une égale folie, nous qui, pour de si faibles intérêts, nous exposons aux chances de la guerre, quand nous pourrions, sans aucun danger, faire de si grandes conquêtes, nous qui ravageons notre pays de nos propres mains et qui dédaignons de profiter des ressources que nous offre l'Asie ^ ». Que les villes oublient leurs rivalités et, pour lutter contre l'ennemi commun, qu'elles acceptent sans jalousie la direction de l'une d'elles. En raison de ses services passés, c'est Athènes qui mérite d'obtenir le commandement. « Lorsqu'il s'agit d'une expédition contre les Barbares, à qui doit être réservé l'honneur de la diriger ? N'est-ce pas à ceux qui, lors de la première guerre, ont mérité la plus haute renommée, qui se sont souvent exposés seuls pour la défense de la Grèce et qui, dans les dangers communs, ont obtenu le prix de la valeur - » ?
C'était trop demander à Sparte et aux autres cités. L'union n'était possible que sous un chef qui put imposer à tous ses volontés. Déjà Jason de Phères, après avoir organisé la Thessalie, avait songé à grouper toute la Grèce sous sa direction contre la Perse. L'oeuvre à peine ébauchée par Jason est reprise par Philippe, en qui le parti panhellénique va placer ses espérances. En 346, Isocrate adresse au Roi un discours où il reprend en la modifiant la thèse du Panégyrique. Philippe doit imposer une réconciliation générale en rétablissant la paix entre les quatre villes rivales, Argos, Sparte, Thèbes et Athènes. Tant qu'elles ont
1. Isocr., l'aru'd.. 37. Pour la ([uoslion lûcemiiu-nl (irhaltuo à nouveau, (lo la |)(jliti(|uc ilo l'hilipfx^ en lace riu pai'li d'isocralo cl (le celui de Déiiioslliéne. voir aussi la l)il)lio^M•apllie dans Lohniunn-llaupt, op. cit., p. H'.t et, plus bas, p, I7(i.