‹ L'Hellénisation du monde antiqueChapitre 77 sur 157 · Isocr., PanéQ . , 2s · texte numérisé non relu

Isocr., PanéQ . , 2s

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été fortes, ces cités se sont refusées à tout accord, mais aujourd'hui « nivelées par le malheur, elles préféreront les bienfaits de la concorde aux avantages injustes de leur ancienne politique ^ ». A la tête des Grecs coalisés, Philippe pourra passer en Asie et engager une guerre dont le succès est facile et assuré. « Il est de votre intérêt, au milieu de l'engourdissement général, de vous déclarer le chef de la guerre contre le Barbare... Vous devez considérer la Grèce entière comme votre patrie et vous exposer pour elle avec le même abandon que pour vos plus chers intérêts ■ ».

Au panhellénisme d'Isocrate, s'oppose la politique nationale de Démosthène. Le patriote athénien borne son horizon à Athènes ; pour la lutte à outrance qu'il entend mener contre Philippe, il n'hésite pas à accepter l'argent de la Perse. On reproche communément à Démosthène d'avoir soutenu des idées particularistes, archaïques et étroites, de n'avoir pas prévu l'avenir, la conquête de l'Asie et la grandeur d'Alexandre, d'avoir ainsi méconnu les véritables intérêts de la Grèce. Que Démosthène se soit fait illusion sur les forces d'Athènes et le rôle qu'elle pouvait encore jouer, on en conviendra aisément, mais faut-il pour cela l'accuser d'avoir trahi rhellénisme ? S'il évoque les combattants de Marathon et de Salamine, ce n'est pas seulement un effet oratoire, devenu cher au public athénien, c'est aussi pour marquer la continuité des traditions athéniennes, pour rattacher sa politique à celle d'autrefois, pour montrer qu'il n'oublie pas la lutte contre les Barbares. Isocrate avait d'abord revendiqué pour Athènes le commandement qu'en désespoir de cause il offre à Philippe. Démosthène lui aussi a pu rêver ce congrès de villes grecques que Périclès avait voulu réunir en vue de continuer les guerres médiques sous des chefs athéniens; il a dû concevoir comme plus glorieuse et plus profitable à l'hellénisme l'hégémonie d'Athènes, « la Grèce de la Grèce », que celle d'un «tyran» étranger, cachant mal, sous une cul-

1 Isocr , Philip .15.

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