‹ L'Hellénisation du monde antiqueChapitre 80 sur 157 · LES ÉLÉMENTS DU SUCCÈS D ALEXANDRE · texte numérisé non relu

LES ÉLÉMENTS DU SUCCÈS D ALEXANDRE

nant ainsi le rôle de métropole de l'Hellade, l'idée même d^une Hellade grandit et s'implante. Deux fois, en 336 et en 324, Démosthène parviendra à coaliser contre les Macédoniens les trois quarts de la Grèce. Ainsi s'esquisse contre eux runiiication de la Grèce, qu'ils essaieront, par la Ligue de Corinthe, de faire à leur profit. Certes, cette Ligue n'a pas donné ce qu'en attendait Philippe : mais elle n'en constitue pas moins un signe des temps : c'est la première fois que la nation hellénique apparaît comme un tout politique. Formule ingénieuse, combinant l'autonomie des cités avec l'unité de la nation devant l'ennemi, elle eût mérité un meilleur sort. Mais les Grecs restaient trop particularistes pour admettre l'hégémonie du roi de Macédoine autrement que pour en finir avec le danger perse : une fois qu'il aura disparu sous les coups d'Alexandre, la Ligue devait fatalement se dissoudre.

Comme tout éveil national, en effet, celui de la Grèce se produit contre un ennemi. On a vu quel service la Perse avait rendu par là à l'Hellénisme ; ses assauts l'avaient obligé à prendre conscience de son unité. Au v^ siècle, la Grèce aspirait seulement à se défendre contre l'étreinte perse, à s'en dégager assez pour respirer librement ; l'idée que ce colosse pourrait être attaqué au cœur même de ses forces est repoussée, comme on s'en souvient, par un roi de Sparte '.

Mais les Dix Mille, en pénétrant presque jusqu'au Tigre, Agésilas en razziant en tous sens la Phrygie, ont révélé la faiblesse du colosse perse.

Plus il y a de mercenaires grecs au service du Grand Roi et plus les Grecs se familiarisent avec l'idée que sa puissance n'est pas invincible, puisqu'elle ne se maintient plus qu'avec leur concours. Depuis 380 environ, l'idéal panhellénique dont Isocrate fut l'apôtre, s'impose de plus en plus à tous les Grecs qui réfléchissent : la paix d'Antalcidas avec son affirmation de l'hégémonie perse sur la côte d'Asie les a révoltés. Les poHticiens ne refusent sans

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