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doute jamais les dariques perses, mais les partis s'irritent à songer qu'ils doivent s'humilier pour obtenir par la prière ce qu'il serait si facile de conquérir par la force. Sans doute aussi, la trahison — si c'est trahir la Grèce que de s'allier avec le Grand Roi — devient de plus en plus habituelle pour les particuliers comme pour les cités ; non seulement ce sont surtout des mercenaires grecs qui rendent à Artaxerxès Chypre et Sidon, mais certaines villes de Grèce ont avec lui des traités formels et lui envoient des auxiliaires. C'est lui qui garantit V autonomie des petites cités et leur idéal ne dépasse guère celui de leurs libertés municipales \
Ainsi, à regarder le détail des faits, le roi de Perse ne semble plus être pour les Grecs un ennemi naturel ; c'est un élément — l'élément essentiel parce que l'élément payant — de la poHtique grecque. Mais, plus ces faits honteux s'accusent et plus la réaction s'accentue. Si les mercenaires grecs et l'argent répandu en Grèce ont, à plusieurs reprises, sauvé l'Empire perse au cours du iv6 siècle, ces moyens de salut se sont à la fm retournés contre lui. Ce n'est pas un patriotisme national et le rappel des exploits de Salamine qui amenaient tant de Grecs à applaudir aux phrases sonores d'Isocrate; c'est que ce peuple pauvre savait maintenant qu'il n'était pas difficile de se rendre maître des trésors fabuleux dont il fallait tant de vilenies pour obtenir par prières la moindre parcelle. Darius et Xerxès avaient jeté la terreur dans l'esprit des Grecs par le déploiement fantastique de leurs forces ; les deux Artaxerxès enflammèrent leur cupidité par la vue de tant de trésors. Les contemporains d'Hécatée et d'Hérodote n'auraient jamais osé concevoir l'idée que cet immense empire pût devenir la proie des Grecs ; ceux de
1. Sur Isocrale et l'idée panhellénique voir J. Kessler, Isokrates iind die panhellenische Idée (i'aderborn, l'JlOi; P. Wendland, dans les Nachrichten de Goeltingue, l'JlO. p, 123'; Ch.-P. Adams, Clas-iical Philology. 1912, p. 343: A. Rostagni, Isocrate e Filippo (dans les Enlaphia Pozzi, 11)13). Sur Isocrate et Alexandre, Benno von Hagen, l'hilologux, 1908. p. 113; sur Df'mosthène et Philippe, H. Kahrstedt. Fovschuncjen z. Gesch. des vierfen Jahrliunderls (1910).