LES RASES POLITIQUES DE LHELLÉNISME ALEXANDRIN
I. — LE DliMEiMBREMENT DE L'EMPIRE D'ALEXANDRE, 323-280. — LA GRÈCE EN FACE DES TROIS ÉTATS MACÉDON[ENS. - ANTIGO- NIOES, LAG[DES, SÉLEUGIDES.
L'épopée d'Alexandre eût pu être sans lendemain, comme celle d'un Tamerlan. Si elle a changé définitivement la face du monde et préparé l'Empire romain, c'est qu'elle a trouvé pour la poursuivre des Macédoniens dignes de leur grand roi.
Sans doute, il leur a fallu plus de quarante ans de guerres pour parvenir à un équilibre relativement stable. Mais ces guerres étaient inévitables ; elle-; ne sont pas que la conséquence des ambitions rivales des « maréchaux » d'Alexandre ; elles illustrent deux faits essentiels à l'histoire de l'hellénisation du monde antique : la Macédoine, à qui la Grèce, au lieu de la seconder, ne cessait de créer des difficultés, n'avait pas la force nécessaire à conserver pour elle seule l'Empire d'Alexandre ; — les deux siècles si troublés do la domination perse n'avaient pas suffi à créer en Orient une unilé qui put contrebalancer les grandes divisions naturelles et historiques; celles-ci ne tarderont pas à s'imposer aux successeurs d'Alexandre, détachant d'abord l'Egypte, puis l'Iran, enfin morcelant l'Asie Mineure elle-même.
Envisagées de ces points de vue généraux les guerres de la
succession d'Alexandre prennent un haut intérêt historique, et les péripéties tragiques de cette grande page d'histoire lui donnent l'allure d'un drame. Ce drame peut se diviser en cinq actes :