CH01SEUL-G0UFF1ER ET VILLOISON
sommaire de son excursion au mont Athos, récemment imprimée (1), voilà les seuls fruits qui nous soient appréciables de ses laborieuses recherches. On ne peut nier, néanmoins, que les contemporains de Guys, de Choiseul-Goufûer, de Villoison, ne ressentissent je ne sais quelle émotion salutaire à entendre les récits, même incomplets, de tant d'explorations savantes.
Les événements politiques de l'Orient, et surtout l'insurrection grecque tentée en 1774, avec l'appui des Russes, tenaient aussi l'Europe attentive aux destinées de la Grèce moderne et ne lui permettaient pas d'oublier la Grèce ancienne.
Sans doute, bien des préoccupations en détournaient les esprits : tantôt c'était la passion, chaque jour plus grande, pour les sciences, dont on s'inquiétait au sein même de l'Académie des belles-lettres (2) ; tantôt c'était le goût de l'économie politique et d'une philosophie qui croyait n'avoir presque rien à prendre dans l'héritage de l'antiquité. Les D'Alembert et les Diderot savaient peu le grec et ne s'en inquiétaient guère; Rousseau ne lisait que dans des traductions Platon et Plutarque, auxquels il aimait pourtant à faire des emprunts. Et cependant, cette seconde moitié du dix-huitième siècle voit se multi-
(t) Par M. E. Miller, dans la Revue de bibliographie analytique, 1844, p. 839 etsuiv.; 035 et suiv.
(2) Témoin les « Réflexions » de l'abbé du Resnel « sur l'utilité des belles-lettres et sur les inconvénients du goût exclusif qui paroit s'établir en faveur des mathématiques et de la physique, » lues en 1741 devant l'Académie des inscriptions, et insérées au tome XVI de ses Mémoires.
pliçr des publications dont plusieurs font honneur à nos hellénistes philologues ou simples hommes de goût. Strasbourg, à elle seule, nous donne deux savants éditeurs, R. Ph. Brunck et Schweighaeuser ; l'Académie des inscriptions possède alors plusieurs savants qui, à des titres divers, ont tous bien mérité des lettres grecques : Vauvilliers, par ses travaux sur Pindare; Villoison, par ses éditions de Longus, du Lexique d'Apollonius, des célèbres Scholies de Venise (1); Camus, par son édition avec traduction française de Y Histoire des animaux d'Aristote (1 783); La Porte Du Theil, par son édition avec traduction de deux ouvrages de Plutarque (1772), par sa traduction d'Eschyle (2) et par ses recherches sur la littérature byzantine (3) ; Larcher, par ses longs et durables travaux sur Hérodote (1786 et 1802) ; Lévesque, par une traduction de Thucydide (4), qui garde aujourd'hui encore quelque prix aux yeux des connaisseurs ; Ricard, par sa traduction des œuvres complètes de Plutarque (1783-1803). Le talent a manqué, plus que le zèle et le savoir, au bon abbé
(1) Voir, sur cette importaute publication, le premier Appendice à la suite du présent volume.
(2) Le texte seul et la traduction française ont été publiés en 1796; les notes amassées pour un commentaire sont restées manuscrites au dépôt de la Bibliothèque impériale. Voir dans le Magasin encyclopédique, t. I, p. 135, une note qui laissait espérer l'achèvement de cette publication.
(3) Divers opuscules de Théodore Prodrome dans les Notices et extraits des manuscrits, tomes VI, VII et VIII.
(4) Première édition, 1795,2 vol. in-4»; plusieurs fois réimprimée.