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PINDAHE ET LES FÊTES DE LA GRÈCE

mort de son maître. Ni Chabanon (1), ni même Vauvilliers (2), n'avaient réussi à nous faire comprendre le génie et l'autorité poétique de Pindare comme le fait Barthélémy (chap. xxxvm), en restituant pour nous, par un patient et ingénieux travail, le tableau d'une de ces grandes fêtes où des luttes athlétiques et des courses de chevaux rassemblaient et passionnaient la Grèce entière. Que m'importe ici que ce soient les impressions d'uu Scythe contemporain d'Alexandre, ou celle d'un Français du temps de Louis XV ? Nos mœurs à cet égard sont si différentes de celles de la Grèce que nous avons besoin de faire, pour comprendre de telles institutions, le même effort que pouvait faire un barbare subitement transporté au milieu des fêtes de la Grèce. Le tableau tracé par Barthélémy nous aide parfaitement à rétablir dans sa grandeur patriotique et religieuse la solennité à laquelle s'associaient les beaux vers de Pindare. Restait la tâche de les bien traduire ; mais rien n'y préparait mieux que de voir dans Y Ànacharsis ce qu'étaient les panêgyries grecques, et quel rôle y avait le génie d'un grand poète (3).

La description de làThèorie de Délos (chap. lxxvi) n'est pas moins vive ni moins saisissante : on croirait, à lire ces pages d'un aimable coloris, que Baril) Mémoires de V Académie des inscriptions, t. XXXII, p. 451 et suiv.

(2) Essai sur Pindare (Paris, 17 72, in- 12), récemment réimprimé avec d'autres opuscules (Paris, 1856, in-8°) par un neveu de cet estimable helléniste.

(3) Comparez le chap. xxxiv : « Voyage eu Béotie . . . Hésiode et Pindare. »

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thélemy a visité l'Archipel et les Cyclades. Il n'avait pourtant vu que l'Italie; mais, en Italie, il avait visité Naples et son panorama enchanteur ; il avait presque assisté aux premières fouilles de Pompéi et d'Herculanum, nous en avons la preuve dans sa précieuse correspondance, et ce souvenir inspirait heureusement un esprit déjà tout plein des poétiques images de l'antiquité classique. C'est ainsi que, conduisant son jeune Scythe au théâtre d'Athènes (chap. xi), il nous rend, à force de patience et de savoir, quelque chose de la grandeur d'un tel spectacle. La découverte et l'étude de maintes ruines, alors inconnues, nous ont fait pénétrer plus avant dans les secrets de la représentation dramatique chez les Athéniens, et G. Seulegel a pu nous en donner une idée plus grande et plus vraie encore dans la troisième leçon de son Cours de littérature dramatique (1). Mais là, comme ailleurs, ce qu'a fait Barthélémy est déjà bien supérieur à tous les ouvrages précédents sur le même sujet. Qu'on essaie, par exemple, de comparer ces chapitres de YAnacharsis avec le Théâtre des Grecs du P. Brunioy, même dans l'édition, fort améliorée, de 1785, on sentira quelles utiles leçons nous apportaient la science et le goût de Barthélémy. Une autre comparaison lui fera plus d'honneur encore.

En 1741 d'abord, puis en 1781, avaient paru les Lettres athéniennes, ou Correspondance d'un agent du roi de Perse à Athènes pendant la guerre du Péloponnèse (2), par deux gentilshommes anglais. Barthé-

(1) Comparez ci-dessus, tome 1, la fin de la XIVe leçon.

(2) Elles ont été publiées en français par Villeterque (Paris,

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