‹ L'Hellénisme en FranceChapitre 178 sur 216 · AUTEURS GRECS TRADUITS EN SYRIAQUE · texte numérisé non relu

AUTEURS GRECS TRADUITS EN SYRIAQUE

fragment de \' Apologie pour les chrétiens, par Méliton, évêque de Césarée, au deuxième siècle, que M. Renan a le premier publié en France (i); l'opuscule d'Eusèbe sur les Martyrs de la Palestine, qu'a public en Angleterre W. Gureton (2); telle est surtout une rédaction syriaque où l'on croit reconnaître l'original même de l'Evangile félon saint Matthieu (3). La littérature païenne a eu sa part dans ces conquêtes inattendues. La collection si précieuse des opuscules de Plutarque s'est enrichie de quelques pages d'un traité sur le Travail, dont le litre nous était seul parvenu ; un petit dialogue philosophique, dans le genre de Platon, va se joindre au recueil déjà nombreux que nous avions de ces pastiches , composés, avec plus ou moins de bonheur, selon la manière du maître (4).

Ces premiers succès encouragent bien d'autres espérances. Quelle que soit pourtant l'exactitude de telles traductions, elles ne nous montrent que des idées et des dogmes ; elles altèrent toutes plus ou moins la forme littéraire des originaux, dont elles tiennent pour nous la place. En lisant aujourd'hui, dans un latin qui qui ne fait que traduire l'arménien ou le syriaque , des ouvragesd'Eu-

du Musée Britannique contenant des traductions d'auteurs grecs profanes et des traités philosophiques (Extrait du Journal asiatique de 1852).

(1) Dans le tome II du Spicilegium solesmense de dom Pitra (Paris, 1855).

(2) Londres, 1861, gr. in-8°.

(3) Remains uf a very ancien t recension of the four Gospiel , in Syriac — discovered, ediied and translated by >V. Cureton (London, 1858, in-4°). Cf. Cyrilli Commentant in Lucie Evangelium qua> supersunt Syriacc e mss. apud Muséum Ilritannicum edidit R. Payne Smith (Oxford, 1858, in-i°).

(4) Voir l'article de Fréd. Diibner dans la Revue de l'Instruction publique du 20 avril 1805.

sèbe, de Méliton et de Plutarque, on devine qu'il manque beaucoup à la vérité de pareilles reproductions. Des écrivains médiocres y perdent moins que d'autres ; des documents d'une valeur purement scientifique peuvent n'y rien perdre du tout. C'est pure curiosité de préférer lire Archimède dans le grec original au lieu de le lire dans une traduction [latine. Mais que devient une page de Platon ou d'Aristote vue par nous à travers ces voiles de deux versions successives, surtout de deux versions faites en des langues sémitiques? Autant vaudrait certes n'avoir plus le livre que de ne le connaître que par d'aussi informes copies (i). Combien n'est pas plus précieuse pour nous la fortune de retrouver en grec, et dans des manuscrits qui peuvent avoir seize ou dix-huit cents ans de date, quelques ouvrages de la littérature classique ! Or telle est précisément la joie que nous réservaient les nécropoles de l'Egypte. Depuis longtemps déjà elles nous rendaient une foule de pièces sur papyrus, pièces d'affaires, il est vrai, d'administration et de comptabilité , documents d'où commence à sortir toute une histoire nouvelle des institutions et des mœurs de l'Égypte sous les Ptolémées et sous la domination romaine; mais voici qu'elles nous rendent aussi des oeuvres littéraires. Quelques colonnes d'un manuscrit de Y Iliade, comme on en peut voir des fragments dans notre Musée du Louvre , étaient déjà de bon augure (2) ; sans accroître beaucoup nos richesses, elles apportaient aux éditeurs d'Homère des renseignements utiles sur la perpétuité d'un même texte classique de ce poète, depuis le premier siècle de

(1) Voir plus haut la XIV* leçon (tomel, p. 337 et suiv.).

(2) Voir le tome XVIII, 2° partie, des Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque impériale, qui contient le texte des Papyrus du musée du Louvre, pages 109 et suivantes.

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