‹ L'Hellénisme en FranceChapitre 179 sur 216 · LES MANUSCRITS GRECS SUR PAPYRUS · texte numérisé non relu

LES MANUSCRITS GRECS SUR PAPYRUS

l'ère chrétienne jnsqu a la fin du moyen âge (i). Des fragments d'un abrégé d'astronomie et d'un traité, d'origine stoïcienne, sur la dialectique, sont plus importants à recueillir (a). Mais nous n'en sommes plus à ces petites satisfactions d erudits ; nous avons maintenant deux discours presque complets, et la moitié d'un troisième discours d'Hypéride, le contemporain et le rival de Déraosthène (3). Parmi ces pages, il y en a d'un charme persuasif et gracieux, ce qui était le propre talent d'Hypéride ; il yen a de vraiment éloquentes, comme l'éloge des guerriers morts pour l'indépendance de la Grèce dans ses dernières luttes contre la Macédoine, morceau que les critiques anciens avaient signalé d'avance à notre admiration. Que d'espérances n'autorise pas une telle découverte! L'Egypte a été longtemps comme un second foyer de l'hellénisme; la bibliothèque d'Alexandrie fut, jusqu'aux invasions arabes, la plus riche bibliothèque du monde. Bien d'autres villes, bien des particuliers avaient,

(1) Le même fait ressort de la publication récente du manuscrit palimpseste de l'Iliade par W. Cure ton : Fragments of the Ilind of Homer front a Syriae palimpsest (London, 1851, in-fol.). Cf. Y Iliade d'Homère, éd. Al. Picrron (Paris, 1869, in-8°), Introduction, chapitre IU, p. LIV.

(2) Notices et extraits, etc., t. XVIH, 2e partie, pages 28 et suivantes; pages 77 et suivantes.

(3) Pour ne pas étendre outre mesure cette bibliographie, je ne citerai que les derniers travaux relatifs à ces nouveaux textes d'Hypéride : L'Euxenippea tflperide pubblicata da Domenico Comparettiy con fac-simili (Pisa, 1861); — Il discorso d' Iperide pei morti delta guerra Lamiaca (par le même, Risa, 1854, in-4°); — H. Caffiaux : Bécension nouvelle du texte de l'oraison funèbre d'Hypéride et Examen de l'édition de M. Compnretti (dans la Revue archéologique de septembre-octobre 1865 ; tiré à part en 1866, avec quelques additions et corrections). Ces deux philologues renseigneront le lecteur sur les travaux de leurs devanciers.

en Egypte, des dépôts de livres. L'usage égyptien de renfermer des papiers dans les tombeaux ou dans des vases de terre, et la vertu conservatrice de cet heureux climat, ont pu sauver encore beaucoup d'œuvres qui attendent la main de quelque explorateur européen. Tout récemment encore, voici que des lambeaux du discours d'Hypéride contre Démosthène, dans l'affaire d'Harpalus, viennent d'être retrouvés ( i ) , qui appartiennent au rouleau même dont M. Harris, en i8',8, avait rapporté de précieux fragments. Aussi, pour ma part, si l'on m'annonçait qu'une comédie de Ménandre vient de sortir de ces riches nécropoles , je n'aurais pas à m'en étonner ni à soupçonner là quelque fraude d'un faussaire (2).

Par une préoccupation que l'on pardonnera sans peine à un littérateur , je n'ai guère parlé jusqu'ici que des belles-lettres. Mais les sciences positives ont eu leur part aussi dans les progrès que j'essaye de signaler, et l'exploration attentive des manuscrits de nos bibliothèques européennes n'a pas été sans fruit pour l'histoire des

(1) Je les ai publiés, avec fac-similé du manuscrit, dans le tome XXVI, 2e partie, des Mémoires de l'Académie des inscriptions. M. Fréd. Blass les a aussitôt reproduits avec des corrections utiles flans son édition complète de ce qui nous reste d'Hypéride (Coll. Teulmer, Leipzig, 1869, in-12).

(2) Cela soit dit à cause des fraudes, aujourd'hui notoires, du Grec Simonidès, qui a pu tromper les philologues de Berlin sur un prétendu texte grec du Pasteur d'Hermas, et qui, naguère encore, trouvait moyeu de faire imprimer, en Angleterre, un prétendu texte grec du Périple d'JIannon, roi de Carthage , d'après un manuscrit (de sa façon) sur papyrus. C'est le même faussaire qui n'a pas craint d'interpoler, dans un traité sur la peinture du moine Dionysios (composé en 1458, au mont Athos) un chapitre où sont décrits les procédés du daguerréotype. Voir: 'Eppjvetct twv Çtoypcxîpwv w; ïtpô; rr.v èxxXr,<7iaaTiXT)v l<rropi'av ( 'AÔrjvriffi, 1853, in-8°).

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