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LES ACADÉMIES ET L'ÉCOLE D'ATHÈNES

l'estime des hellénistes comme à celle des hommes de goût.

6° A ce mouvement de féconds travaux se rattache la création de l'Ecole française d'Athènes, fondée par le gouvernement du roi Louis-Philippe, d'après le plan et les vues de >l. de Salvandy, et spécialement soumise, depuis dix-huit ans, au patronage de l'Académie des belleslettres (i). Bien que les mémoires publiés par les membres de cette école soient surtout archéologiques et que, comme tels, ils doivent être appréciés dans un autre de ces Rapports, on ne peut manquer de signaler ici les effets heureux d'une telle fondation. Elle a vivifié d'un esprit nouveau les études universitaires par l'alliance tic l'archéologie avec la littérature. Plusieurs thèses de doctorat soutenues par d'anciens membres de l'Ecole d'Athènes suffisent à montrer les avantages de cette alliance, à laquelle notre érudition classique était restée, jusqu'à présent, trop étrangère. Nous citerons seulement pour exemple : la thèse de M. Beulésurles beaux-arts à Sparte (i8-*3), celle de M. Jules Girard sur l'atticisme de Lysias (i8Î.'i), celle de M. Alexandre Bertrand sur les dieux protecteurs des héros d'Homère (i8j<j\ celle de feu Bazin sur la condition des artistes dans l'antiquité (1866), la dissertation de M. (iandar intitulée : Homère et la Grèce contemporaine .

La grammaire et l'histoire des dialectes grecs commencent aussi à occuper le zèle de nos jeunes érudits. Après l'essai de M. Beulé sur les origines du romaïque (18VJ), nous avons vu tout récemment feu (iustave Deville soutenir une thèse sur le dialecte tzaconien (1860).

(I) Voir la Notice publiée, eu 1863, sur l'École d'Athènes, par M. Ernest Vinet.

Les rapports de plus en plus fréquents entre la France et l'Orient grec donnent à ces sortes de recherches un surcroît d'intérêt ; ils tendent à rapprocher l'enseignement du grec ancien et celui du grec moderne. Ils font sentir plus vivement que jamais le besoin de revenir aux usages qu'a interrompus, à partir du seizième siècle, la malencontreuse réforme de la prononciation par les disciples d'Erasme (i). Aujourd'hui que la prononciation hellénique de l'Orient est pratiquée dans tous les cours d'enseignement supérieur, il était opportun de se demander si l'enseignement secondaire ne devrait pas revenir aussi à la prononciation seule usitée dans les écoles d'Orient, même pour le grec ancien, seule appuyée, malgré d'inévitables changements, sur une tradition vraiment nationale. Consultée, en i86'(, sur cette question (2), l'Académie des inscriptions s'est prononcée en faveur d'une contre-réforme, à laquelle d'ailleurs les Hellènes nous convient de leurs vœux les plus ardents. Un tel changement ne saurait être décrété sans préparation, ni même pratiqué sans réserve ; mais toutes les mesures qui peuvent nous y préparer semblent désirables, et parmi ces mesures on mentionnera ici la création récente d'une classe de grec moderne au lycée de Marseille ('*). Déjà quelques professeurs de nos lycées du

(1) Voir plus haut, tome 1er, l'Appendice de notre VIIe leçon.

(2) Ce fut à l'occasion du mémoire publié par MM. G. d'Eichthal et Rcnieri, sur V Usage pratique de la langue grecque. Au reste, l'Académie avait depuis longtemps témoigné de son intérêt pour cette question en proposant comme sujet d'études aux membres de l'École française d'Athènes des recherches sur les variétés actuelles de la prononciation en Grèce.

(3) Le professeur chargé de cet enseignenieut, M. Blancard, vient précisément de publier un opuscule dont le titre seul annonce bien l'intention : Le grec moderne enseigné à l'aide de la Grammaire grecque de Burnouf.

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