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LE GREC A LA COUR DE FRANCE

d'un des précepteurs du jeune roi, le sieur Flurance Rivault, qui était à la fois helléniste et mathématicien, la reine-mère fondait pour les jeunes gentilshommes et pages une Académie, où cette jeunesse devait s'entretenir aux lettres et aux bonnes mœurs (1). C'était un peu moins que l'Académie essayée en 1570 par Baïf et ses amis (2), puisque c'était, à vrai dire, une école; mais l'école comprenait quelques exercices de littérature « en latin, en italien et eu espagnol » . Le discours d'ouverture, prononcé au Louvre, le 6 mai 1612, débute par une longue citation grecque de Plutarque, que l'orateur commente ensuite d'une façon assez pédantesque (3). Le grec, si bien venu à la cour, devait l'être à plus forte raison dans les auditoires universitaires. Sous la date de cette même année 1612, je lis dansl'iZts-

Institutio principis (1647 , in-12);— E. Moët, Bossuetius etFenelo qua tenus regiorum alumnorum prxceptores inter se comparaniur (Paris, 1859, in-8°); — E. Monty, M. le duc de Bourgogne (Paris, 1844, in-8°); — F. Nourrisson, Essai sur la philosophie de Bossuet (Paris, 1852, in-8"), où l'auteur a publié pour la première fois ce qui reste des Extraits de la Morale d'Aristotepar le précepteur du grand Dauphin poinr l'éducation de son royal élève. Cependant Bossuet savait peu de grec, s'il est vrai que dans sa vieillesse il se mit à le rapprendre sous la direction de Cl. Capperonnier. Voir l'édition de Boileau par Saint-Marc, t. V, p. 10.

(1) Le Dessein d'une Académie et d'une introduction d*icelle à la cour.

(2) Crévier, Histoire de l'Université de Paris, t. VI, p. 240 et suiv. ; Sainte-Beuve, Poésie du seizième siècle, p. 108 et suiv.

(3) Cette pièce et les autres qui se rapportent au même su jet sont réunies dans un précieux recueil que possède la Bibliothèque Mazarine.

toire de l'Université (I) qu'à l'occasion de la création d'une chaire pour les cas de conscience, des pièces de vers grecs furent lues en plein collège de Sorbonne. Nous eu avons un autre témoignage plus explicite encore, dans six discours en grec, prononcés de 1621 à 1628, par un professeur que le roi pensionnait généreusement, Bertrand de Mérigon (2). L'éloge du roi , de la reine-mère , de leur piété, de leur amour pour la France, de leur générosité envers les lettres, banalités que Ton retrouve dans toutes les langues, chez les panégyristes de ce temps, sont relevées là par un style clair et agréable ; et ce qui étonne surtout, c'est que l'auteur parait avoir compté sur un auditoire assez nombreux, notamment au collège du Plessis, où fut prononcé le discours de 1623, au collège d'Harcourt, où fut prononcé le panégyrique du roi, après la victoire de l'île de Ré. en 1628. Celui de 1622 le fut dans l'église des Franciscains, à la messe qu'on y célébrait en grec y le 5 avril de chaque année : nouvelle preuve de l'usage public d'une langue qu'on pourrait croire renfermée alors dans l'enceinte des classes. On signale, en plein seizième siècle, un prélat, François Ier

(1) Continuation de Du Boullay, par C.Jourdain, p. 73 (1865, in-folio).

(2) Dans le discours de 1621, Bertrand de Mérigon remercie formellement le recteur de l'Université, Galland, qui lui a permis de communiquer sa science à un auditoire universitaire. Ce discours, 7tepl t*î; xoivwvtaç tuv 7rpetY|i.âTa>v, ne manque pas, d'ailleurs, d'une certaine origiualilé philosophique. Le discours de 1628 a été puhlié en 1629, avec une traduction française (Paris, chez L. Saulnier, in-8°).

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