‹ L'Hellénisme en FranceChapitre 25 sur 216 · MÉTHODE DE ROLLIN · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE ROLLIN

prenait bien lui-même : il a rempli son livre de fines remarques sur ces divers sujets et de jugements exquis sur les principaux auteurs classiques. Mais à sa manière de parler des dialectes, à son opinion sur la prononciation dite érasmienne, qu'il croit avoir « été employée de tout temps dans l'Université (1) », on voit bien qu'il n'est plus de la grande école des hellénistes. La liste des auteurs qu'il propose de faire étudier prouve qu'il n'osait pas demander à ses écoliers ce que leur demandait le règlement de 1598. Rollin commence par l'Évangile de saint Luc et les Actes des apôtres ; il continue par Lucien, Hérodote et Xénophon ; il conseille d'expliquer quelques chants d'Homère, quelques biographies de Plutarque et quelques discours de Démosthène. Mais il ne parle ni de Platon, ni d'Aristote, ni des tragiques, ni d'Aristophane, encore moins de Pindare.

On était plus exigeant au commencement du dixseptième siècle ; mais, si Ton avait alors plus d'ambition , peut-être manquait- on de méthode pour atteindre sûrement au but qu'on se proposait. Surtout on négligeait trop la langue française. Le règlement de 1 598 veut que tous les exercices aient lieu en latin, et que les élèves en classe n'emploient pas

formatione et educatione Utteraria getierosiorum adolescentium,etc. Tractatus G.Budaei, Th. Campanellœ, Joach.Pastorii, Joh. Andr. Bosii, Joh. Schefferi,et P. Ang. Bargœi,gno* Thomas Grenius collegit, recensuit, etc. (Leyde, 1696, in-4°).

(l) Voir, dans notre premier volume, l'Appendice à la septième leçon, p. 454.

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d'autre langue. Fleury et Bollin réclament contre cet abus. Les maîtres des Petites Écoles de Port- Royal l'avaient proscrit avant eux , et c'est ici le moment de noter quels progrès ces excellents maîtres, soit par leur pratique journalière, soit par leurs livres, accomplirent alors dans l'enseignement de la jeunesse. Là-dessus un savant chapitre de M. Sainte- Beuve me dispense d'entrer dans un long détail, et je suis heureux d'y renvoyer. Ces pages sont écrites avec exactitude quant aux faits, et, quant au jugement, avec un sentiment délicat , presque paternel, de l'enfance et de ses besoins.

Je n'ai d'ailleurs à m'occuper ici que de la partie grecque des études. A cet égard, la Nouvelle Méthode, publiée en 1 655, le Jardin des racines, publié en 1657, enfin, la Grammaire générale et raisonnèe en 1662, marquent un notable progrès sur les livres antérieurs de Clénard, de Vergara, de Vossius. Les quatrains barbares que Lancelot mêle aux règles eu prose dans ses Méthodes, et les vers non moins barbares des Décades, rédigés par M. de Sacy, ont bien passé de mode aujourd'hui. Mais alors, c'était déjà quelque chose d'y employer la langue française au lieu du latin ; c'était quelque chose d'avoir exposé plus complètement les déclinaisons et les conjugaisons, d'avoir mieux expliqué les règles de la syntaxe, d'avoir facilité par un choix des mots les plus utiles l'effort de mémoire nécessaire aux écoliers pour apprendre le vocabulaire d'une langue morte. La méthode étymologique de Port Royal était d'ailleurs très-défectueuse. Nous l'avons yu dans notre sixième

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