LE GREC CHEZ LES JÉSUITES
tes sur ce sujet semblent établir que les études grecques s'affaiblirent moins rapidement chez les Jésuites que dans l'Université. Grâce à leur indépendance du pouvoir royal, les Pères de la Compagnie de Jésus subissaient moins les variations des programmes universitaires ; la confiance des familles leur permettait de rester fidèles à des exercices qu'interrompaient ailleurs les inconstances de la mode et du goût public. C'est ainsi qu'on les voit, dans leur établissement de Quimper, maintenir en plein dixhuitième siècle l'étude du grec qu'abandonnaient autour d'eux tant d'autres établissements. On imprimait même dans cette petite ville des livres grecs à l'usage de leur collège (1). Aussi l'expulsion des Jésuites, en 1763, eut-elle pour effet, comme nous le verrons plus tard, un très-notable affaiblissement des études grecques.
Les corporations non vouées à l'enseignement rendirent aussi d'insignes services à l'étude du grec en France, Les belles éditions des Pères de l'Église par les Bénédictins sont des œuvres d'un labeur immense, où la critique aujourd'hui trouve beaucoup à reprendre pour le détail, mais qui n'en ont pas moins servi à faire revivre dans son naturel et dans son éclat l'éloquence des S. Chrysostome et des S. Basile.
(I) Voir Fierville, Histoire du collège de Quimper (Paris, 1864). — Étude sur les origines de la bibliothèque de Quimper (Bulletin de la Société académique de Brest). — De V Étude du grec dans les collèges des Jésuites au dix-septième siècle (Revue de l'Instruction publique du 18 août 1867).— Cf. l'article de M. Cournot dans la même revue du 5 novembre 1863. h. 5
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Il en faut dire autant de ces nombreuses éditions, dites Éditions du Louvre (1) , qui reproduisent avec plus d'exactitude ou publient pour la première fois, avec des traductions latines et des commentaires, les volumineux monuments, soit profanes, soit religieux, de l'histoire byzantine. Sur ce terrain, le seizième siècle avait laissé beaucoup à faire ; nos savants n'ont pas manqué à leur tâche et ils l'ont généralement remplie avec succès, surtout Du Cange, que nous avons déjà loué, et le jurisconsulte Fabrot. Les éditions de Théophile (1637), des Basiliques, (1647), de Cédrénus, de Scylitzès, de Nicétas Acominat, de Théophy lacté Simocatta, etc., qui se succèdent de 1647 à 1659, honorent singulièrement le pays qui les a produites , dans un temps si agité par les discordes civiles (2).
A peine publiés et commentés, les textes nouveaux servaient de matériaux à nos historiens. L'Histoire du schisme des Grecs parle Père Maimbourg(3), malgré l'inévitable partialité de quelques jugements , prouve quel parti la critique savait tirer de tant de témoignages précieux.
C'est à la même école d'érudits qu'appartiennent, mais au second rang pour la valeur de leurs travaux, Tanneguy Le Fèvre, auteur de plusieurs éditions
(1) Voir A. Bernard, Histoire de l'Imprimerie royale du Louvre (Paris, 1867, in-8«).
(2) Voir, pour le détail de ces travaux, l'instructive Notice sur la vie de C.-A. Fabrot, par M. Ch. Giraud (Aix, 1834, iu-8°).
(3) Paris, 1686, in-4°. La préface de cet ouvrage contient une très-judicieuse appréciation des historiens byzantins considérés dans l'ensemble de leurs écrits.
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